LE PREMIER MAI DANS LA NOUVELLE ANGLETERRE
Que c’est vilain de demeurer muettes Pour nous vexer trop charmantes coquettes !
N’avons trouvé nulle fleur aujourd'hui Le Premier Mai . . . Maman 1 oh ! quel ennui !
« Tu n'as trouvé,” me dis-tu, “ ma petite,
Aucune fleur en en cherchant l’élite,
Mais, Enfant, dis, quel est cet incarnat Qui de ton teint illumine l’éclat ?
Ce velouté qu'on voit sur ta figure Vaut è lui seul les fleurs de la nature :
Ce n’est en vain, Enfant, que tu cherchas,
Car la santé du moins tu la trouvas !
Le Bouton d’Or qui d’un rayon de joie Comme un sourire éclaire notre voie,
Tu ne l’as vu nulle part aujourd’hui ;
Ma belle Enfant ! calme encor ton ennui,
Car moi je vois Bur ton charmant visage Un frais sourire, et ce doux fascinage Est pour ta mère un plus brillant trésor Que ne serait le plus frais Bouton d’Or.
L’affection, l'affection bien pure Est le soleil de ta jeune nature 1 Console-toi, si tu n'as les bijoux Que le printemps vous offre pour joujoux ;
Car dans un cœnr, bon, vertueux, sincère Comme le tien, entends-tu bien ma chère,
11 est toujours et dans tous les temps, Mai Ce joli mois si beau, si frais, si gai !
Bons sentiments sont fleurs, chère petite !
Que dans la vie on voit prospérer vite 1 Cultive-les, mon cher Enfant, ces fleurs Avec grand soin ; si tu veilles d’ailleurs A les tenir loin des mauvaises herbes,
Tu les verras porter des fruits superbes ;
Et tandis que leur naïve beauté Resplendira comme en un jour d’été,
Portant au ciel un gracieux sourire,
Tu n’auras plus, Enfant, besoin de dire :
Est-ce bien Mai? Vraiment est-ce bien Mai?
Ce joli mois, si beau, si frais, si gai !"
l'idée d'un enfant soit la lune.
L’Idée d'dn Enfant sun la Lune.
Cet enfant avait ru le bel anneau d’argent,
Dana lequel sur son char se balance Diane,
Et chaque soir, d’un regard diligent,
Il épiait toujours sa clarté diaphane.
Mais l'astre en son déclin il le voit s’affaiblir,
Et puis dans un croissant au loin s'évanouir ;
Ainsi l’eufant formule sa pensée :
“ Oh ! quel malheur 1 maman ! oh 1 la lune est cassée !”
La Pensée expihante.
La Fleur à l’œil brillant souleva sa paupière Heureuse, vers le ciel, vers le trône de Dieu ;
De son sein eutr’ouvert et puis jusqu’à la sphère, Une voix s'exhala formulant cet adieu.
“ Oui, m’est avis, je meurs ! calme "—dit la Pensée, “ Mais la mort que l’on craint ne me cause frayeur, De la vie ai connu les rayons, la rosée,
Et sur moi j’ai senti la main du Créateur.
“ Oh ! quand la Rose Reine au zénith de sa gloire Paraissait écraser mon pauvre petit moi, Commandant au soleil d’illuminer de moire Son opulente feuille, et la semer d’émoi ;
“ Elle se doutait mie alors, que moi chétive,
Lorsque sur elle en plein surplombait le soleil,
Je recevais le feu de sa prunelle active,
Qu’il venait m’épier dans mon .simple appareil.
“ Elle se doutait mie aussi que sur ses ailes Quand zéphyr emportait scs soupirs parfumés,
Il emportait aussi de mon moi des parcelles,
Comme une offrande aux cieux de désirs innommés.
“ Elle ne voyait pas lorsque dans ses ivresses Elle baissait parfois son front en rougissant,
Comme ce gai lutin me mangeait de caresses,
Et dardait dans mon sein son œil éblouissant.
“ Elle ne crut jamais lorsque la jouvencelle Eu extase, admirait son bouton demi-clos,