‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 28 sur 396 · BARTON (BERNARD · texte numérisé non relu

BARTON (BERNARD

A L’Alouette.

Oiseau divin à l'aile libre,

Monte, monte, monte an soleil,

Puis assis sur ton équilibre, Jette-uous le chant du réveil :

J'aime à l'entendre ton cantique.

Ton cantique si matinal,

C’est une gamme chromatique Qui pleut des perles de cristal.

Chantre du ciel et des nuages.

Il te fit sort joyeux le ciel ;

Et quand on entend tes rainages On dit : “ Son bonheur est réel !”

Le premier laissant en arrière Cette terre au retour du jour,

Vers la source de la lumière Tu vas chercher nouveau séjour

Oiseau do l’heure à peine éclose Qui nous annonces le matin,

Et plus matinal que la rose Que cherche l’abeille en chemin, Quoique vierge soit la nature,

Pour toi, ton instinct tout divin Te fait t’élever d’aventure Là haut vers cet autel sans fin.

Oiseau du matin, de toi l’homme De la création Seigneur,

Devrait bien prendre leçon comme Il faut honorer son auteur :

Toi tu commandes aux louanges De s’élever à l’Etcmel,

L’esprit de l’homme auprès des anges Devrait s’élever immortel 1

Chantre inspiré ! si le Poëte Pouvait un jour devenir Toi,

11 serait bientôt l'interprète D'un charmant et suave émoi,

l'automne.

Il enchanterait les oreilles Par ses accents mélodieux,

Et ferait naître des merveilles Avec la musique des cieux !

L’Automne.

Quand est-il pins riant l’aspect de la nature ?

Est-ce eu ccb jours nouveaux que nous fait le printemps? Quand de fleurs le pommier saupoudre sa coiffure,

Que les oiseaux joyeux recommencent leurs chants?

Ou bien est-ce en été, quand, pas même un nuage N’existe au ciel brûlant, que le sombre feuillage Vers midi nous invite à goûter son ombrage Pour nous rassasier de doux gazouillements.

Ah ! dans ces deux saisons la nature est charmante,

Mais en Automne elle est bien plus cliannaute encor. Alors que balayé par la brise fringante L’arbre égrène à regret sa chevelure d’or :

Quand le soleil répand une lueur aqueuse Sur la feuille changeante et déjà radieuse,

Comme ce doux reflet d’une pensée heureuse Quand chagrins et soucis ailleurs ont pris essor.

Et telle est maintenant, telle est la douce vue.

Qui charme mon regard dans ces lieux enchanteurs, Tandis que rayons d’or folâtrent dans la nue,

Et qu’à l’escarpolette on voit jouer les fleurs :

Le Deben tour à tour ou lumineux ou sombre,

Selon que le soleil lui jette sa pénombre,

Reproduit dans scs eaux le nuage et son ombre,

Sans nul souci des vents ces orageux causours.

De l’été, du printemps il reste peu de chose,

L’un et l’autre ont perdu leur éclat, leur fraîcheur.

Près de ce mur pourtant est encore une rose Souriant au soleil, à sa douce chaleur ;

Mais que le chaud rayon un instant se retire,

Que la brise près d’elle un peu trop fort respire,

La pauvre rose hélas ! s'évanouit, expire,

Sous lo souffle du vent, de ce fler agresseur !

A peine quelques mois que Toi pauvre trembleuse Doucement éventéo au souffle du zépliir.

l’espébance.

Tu portais haut alors ta Superbe, orgueilleuse,

Et l'abeille eu ton sein butinait à loisir ;

Mais bientôt de l’hiver aura fui 1a froidure,

Et quand le doux printemps viendra de la nature Rajeunir la beauté, réveiller la verdure,

Et tes boutons et toi saurez vous entr’ouvrir.

C'est un tel sentiment qui charme dans l'Automne,

Et donne un doux penser à tout esprit rêveur,

Ses splendeurs qui s'en vont, et sa voix monotone N’excitent pas d’effroi, mais glissent sur le cœur :

C’est que l’hiver pour nous n’est qu'ombre passagère,

Qui précède d’un jour la saison printannière,

Qui nous rendra l’éclat tant admiré naguère,

L’éclat de la nature, et son prisme enchanteur.

La rosée au matin, les coups de vent d’Âutomne Emportant dans leurs plis la feuille . . . Dieu sait où? . . . Le rayon de soleil qui glisse et folichonne Sur le gazon jauni, scintille et fait joujou ;

Chaque bruit qu'on entend de l’écho, de la brise.

De la plaine qui dort, du vent qui la courtise,

Tout donne à notre cœur sensation exquise,

Tout, jusqu’au gai ruisseau qui chante son glouglou,

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