BAYLEY (J. H. B
L'Espérance.
Dans “l’Enfance" elle vient des champs de l'Elysée Avec roses et fleurs humides de rosée, —
Réjouissant le cœur, éblouissant les yeux,
Comme elle épand partout son éclat radieux.
Nous, nous suivons sa trace ut vivons de sa vie, Allant en tous les lieux où sa voix nous convie ;
Mais quand nous approchons de son plus pur rayon, L’ombre du désespoir détruit la vision.
Dans “ la Jeunesse" aussi nous la voyons bien pure. Comme brille d’iris la charmante ceinture ;
La passion s'enflamme il l’éclat de ses yeux,
Et le sol qu’elle effleure est pour nous lumineux ; Mais las ! comme d’iris le brillant entourage Assombrit l’atmosphère en quittant le nuage.
l’enfant négligé.
Elle s’évanouit, et son éclat d’emprunt
Rend pins sombre le cœur quand l'éclat est défunt.
Dans “l’Age mûr” étant sur son aile installée Puissante, aventureuse elle prend sa volée ;
Nous montons avec elle, et n’importe en quels lieux Enfiévrés et frappés de ses rayons fougueux ;
Mais quand de nos désirs nous atteignons la fiamrae, Une ombre s’interpose à travers elle et l'âme,
Et perdant tout à coup équilibre et pouvoir,
Nous tombons épuisés comme la fleur le soir.
Dans “ la Vieillesse" à nous elle se montre encore * Avec riches atours comme un beau météore ;
De la main nous fait signe, et nous convie au ciel,
Et nous avec bonheur volons à son appel ;
Dans la chaleur d’été, dans le froid de la neige,
Sou aile nous soutient, son aile nous protège,
Elle sait le chemin qui conduit au bercail Et jusques au ciel même est notre gouvernail !
BATLY (THOMAS H AYNES.)*
L’Enfant Négligé.
Ne fus jamais l'enfant gâté, —
Jamais de ma mère un sourire Ne vint attester mon empire,
En m’énivrant de volupté ;
Ma mère mangeait de caresses Ma sœur, toujours sur ses genoux ;
Moi j'allais cacher mes tristesses . . .
Ni baisers pour moi, ni mots doux.
Cependant je cherchais à plaire Avec mon tout petit esprit ;
Et l’enfance, <\ ce que l’on dit,
Rarement offense une mère ;
Mais quand malgré tous mes labeurs,
Je vis repousser mes avances,
Je n’osai me jeter en pleurs A son cou, de crainte d'offenses !
Que les beaux enfants sont heureux !
Dès le berceau l’amour les veille ;
l’enkant négligé.
La Beauté, c’est une merveille Qui le9 auréole en tous lieux !
Ah! tout enfant, dans ma chambrette, Beauté, je connus ta valeur,
Quand abandonnée et seulettce Je ne vivais que de douleur.
Vrai, j’étais bien affectueuse, —
Mais de ma sœur dans le regard Il y avait un charme â part,
La voir . . . vous rendait l’âme heureuse ; Aussi combien d'embrassements !...
Mais quand désirais cetto étreinte,
Froids paraissaient mes sentiments,
Car mes yeux rétlétaient la crainte.
Mais, oh ! mon cœur de l'abandon Sentait trop vivement la peine ;
Roses, bijoux et par centaine A ma sœur on en faisait don ;
Cela n'excitait mon envie,
Mais me disais-je, en mon émoi,
Quand on tarabustait ma vie :
“Que no suis-je aimée aussi moi !"
Enfin bientôt advint fuueste Le jour de rétribution,
Jour de bien vive affliction,
Oit la maladie, où la peste Vint fondre sur ma pauvre sœur,
Et sa mort paraissait certaine,
Et scs amis tremblants do peur S'enfuyaient devant son haleine . . .
Ce fut lors, que les nuits, les jours,
Je veillai cette sœur chérie.
Sans crainte, avec idolâtrie,
Sur mon sein la berçant toujours :
Je la sauvai . . . Que vous dirai-je?
Elle m’aime aujourd’hui ma sœur,
Et le chagrin plus ne m'assiège Car un cœur répond à mon cœur !