‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 283 sur 396 · LES BIJOUX DE FAMILLE · texte numérisé non relu

LES BIJOUX DE FAMILLE

Les Bijoux de Famille.

Un voyageur après une assez longue absence Dans de lointains pays,

Un dimanche, à la nnit, quand tout était silence, Rentra dans son logis.

D’amour une voix tendre, un gracieux visage,

Un baiser de chaste transport,

Tel fut le doux accueil, qu’au retour du voyage 11 trouva chez lui tout d'abord.

Il étendit soudain ses jambes près de l’âtre,

Dans sa mémoire, et puis Voilà ses jours marqués de blanc ou de noirâtre,

Ou de joie, ou d'ennuis 1 Car il avait le coeur bien placé le cher homme I Il savait que loin du chez soi,

Longtemps on peut errer, sans rencontrer en somme Du foyer le tant doux émoi.

“ Va chercher les enfants, je veux," a dit le Père,

“ Sur moi sus ! les asseoir,

Et juger des progrès qu'ils ont tous deux dû faire Ces si gentils à voir 1

Douze mois ont coulé . . . douze mois . . . une année, Depuis mon départ d'ici . . . quoi ! . . "

Et Dieu sait si fut triste hélas ! ma destinée

Sans ces chers marmots et sans toi 1"

“ Prends ton souper d’abord,” dit la femme fidèle,

“ Quand on vient de si loin,

Cher mari de mon cœur,” en poursuivant, fit-elle,

“ On doit avoir besoin.

Laisse-moi te servir, te le demande eu grâce ;

. Nos enfants reposent là haut,

Ne puis les éveiller ; — mon vouloir que le fasse Ami !.. tu les verras bientôt ! ”

Iji pâleur à la joue, elle servit la soupe.

Pour lui faire plaisir

L’homme se mit à table ; elle remplit la coupe Qu'il but à son loisir.

Mais fini le repas frugal . . . quand la prière

Eut dit: ‘‘A vous merci, mon Dieu!"

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