‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 321 sur 396 · FABLE II · texte numérisé non relu

FABLE II

Le Boule-Dogue, le Mâtin Hollandais, et la Caille.

Tous, ne sommes-nous pas d’une race divine,

Et qui plus est d’immortelle origino?

I/hommc doit-il à l’homme être en aversion Pour quelques cas légers de contradiction ?

Adonnés, c'est fâcheux, à des péchés damnables,

Nous nous faisons à tous des tours pendables,

Et bien souventefois lventois, bêlas 1 contre Kentois.

Des êtres tous sortis d’une flamme étliérée,

Devraient vivre toujours comme il l'âge de Rhée,

Quelque fut leur costume, et la localité Oh chacun d'eux fait voir son excentricité.

Dame Nature, c’est notoire,

Dans un Anglais pur sang qui trône dans sa gloire,

Est vive, honnête, brave, avenante parfois,

Chez le Français, chez le Gallois,

L’Irlandais, l’Ecossais, tous des peuples de choix.

Aux vents jetons-lcs donc nos préjugés d'ilotes,

Et de l’humanité soyons les patriotes.

Vade retri Tartuffes et bigots,

La Fable Messeigneurs vous déclare archi-sots !

Un Chien an nez camus d’assez ronde encolure,

D'une Anglaise le favori,

Et du nom de Van Trump, un matin d'aventure Auprès d’Exeter Change, en cherchant un abri Rencontra Dom Cæsar, chien de belle venue,

Et dont la dent semblait narguer la nue.

“ Qui vient,” dit Dom Cæsar, “qui vient troubler ma paix, Ne se peut-il donc plus qu’un chien Anglais,

Ne puisse par liasard humer l’air et le frais

Sans que quelque vieux chien, enfant d’une autre plage

Ne vienne incessamment reluquer son visage?

Je voudrais que les chiens Espagnols, et Français,

Danois, Flamands, et Uollaudais Qui rabougrissent notre race,

Fussent forcés d’évacuer la place,

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