LE BOULE-DOGUE
Sinon noyés, empoisonnés, pendus,
Plus vite que ça mordicus !
Car, dit Camdcn, les Chiens de la vieille Angleterre Les Boules-Dogues sont ce qu’on trouve sur terre De mieux parmi les Chiens ; il a raison par Dieu ! Et j’y mettrais ma patte au feu.
De nous tous le défaut unique C’est trop d'humanité, c’est trop d'urbanité,
Mais que voulez-vous dà 1 le dis en vérité,
Toute chose en ce monde est sujette à critique,
Et chaque créature a sa fragilité ! ”
“ Eh ! qui donc êtes-vous?” sur son large derrière Arrondissant sa queue altière.
Répondit le Van Trump, “ Vous dont les passions Flagornent à plaisir d’une voix mensongère Le pays des partis et des divisions.
Il n’y a que chez nous, je le dis, en Europe,
Oh petit à petit, sans bruit, se développe L’opulence et la paix plus douces mille fois Que tous les arts savants, que les bruyants exploits. Vous enviez, le sais, dans vos pays de houilles Nos marais, et le chant si gai de nos grenouilles ! Pour poètes avons, rivaux du rossignol Des bardes distingués qui font du gé-ré-sol Crânement, en dépit des X, et des Z doubles Qui dans notre langage enfantent quelques troubles. Si l’on parle de guerre, — il faut nous estimer,
Nous aimons mieux nous battre que fumer ; Demandez-le plutôt aux braves de tout âge Qui tous, à Fontenoy, si grand fut leur courage ! Sont, comprenez le bien, échappés au carnage.
Puis comme alliés, comme amis,
Nous sommes toujours dà ! sans crainte d’être occis, Prêts à frapper les ennemis.
Pour porter du secours, même à longue distance, Nous sommes renommés ; sûre est notre assistance, Mais dà si vous blaguez, vous dirai serviteur ! N’allez pas vous frotter à nous, — sinon malheur ! ”
“ Vous avez tort tous deux, cet avis vous le baille," A travers ses barreaux leur dit certaine Caille :
“ J’ai beaucoup voyagé, vu bien des horizons,
Et changé de climat quand changeaient les saisons.