‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 323 sur 396 · LA MODE ET LA NUIT · texte numérisé non relu

LA MODE ET LA NUIT

L’humanité n’est pas si dépourvue De bonté qu’on ne puisse en trouver sous la nue, En France, moi j’ai vu de la sincérité ;

Et de la complaisance, oui, c’est la vérité

En Allemagne;

En Hollande ai trouvé de l’esprit . . . par hasard ; Et de l'humilité dans la très fière Espagne ;

Un vrai Turc il turban, je ne fais un canard,

Dont la vie, entre nous, était toute admirable, Dont le cœur d'or était celui-là cliaritable !

En m’ouvrant ma prison m’a rendu ma gaîté —

Ici, vous le voyez, pays de liberté

Je suis hélas captive en une cage.

Comme une Reine en son veuvage, J’ai vu l’Irlande en deuil de liberté,

Porter sa robe usée avec grand’ dignité.

Son fifre sans un son, et sa harpe sans cordes, Disaient assez l’effet de scs discordes.

Par terre sa lance gisait,

Et d’érudition son beau livre dormait.

Sa loyauté toujours sans tache,

Et l'hospitalité dont elle se panache,

Restaient muettes et sans voix,

Sous le poids des malheurs l’accablant à la fois. Oh vipère jamais n'osa lever la tête,

Corruption ! vilaine trouble-fête,

Pourquoi te faufiler, répandre ton poison Dans le sol où ne put germer la trahison?

Qui rendra la fraîcheur à ta verte guirlande De ton front nuageux en effaçant le pli?

Qui te sauvera belle Irlande I . . .

Harrington et le ciel . . . c'est un fait accompli 1 ”

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