FABLE X
Le Nigaud et la Ruche d’Abeilles.
Nouveau fauché, le foin gisant tout à l’entour,
De son parfum rendait l'encens au Dieu du jour,
Qui, fougueux, traversant la porte orientale Sur le monde épandait l’or, l’argent et l’opale.
Arraché par la Muse à son calme sommeil,
De la Nature un Barde admirant le réveil,
Vint du jardin, (c’était là son étude),
Mesurer de ses pieds la fraîche solitude.
L’ombrage vert s’élançant en arceaux,
Et créant de profonds et d'immenses berceaux,
La pelouse à côté du ruisseau qui serpente
Rasée à neuf, et d'autant plus charmante,
Les arbres, le foin et les fleurs Récompense du lai de maints oiseaux chanteurs Tous poètes ailés, qui chantent bans salaire,
Bien qu’ayant leurs dégrés dans l’art heureux de plaire, Du Barde ont attiré vite l’attention,
En peuplant tes déserts, Imagination !
“ O Nature ! ’’ a-t-il dit, “ qui sur cette pelouse Sèmes ces diamants dont la terre est jalouse,