SMITH (L. W
Une petite Pensée.
OO des eaux s'arrête le cours Ondoyant avec grâce,
Sur son oreiller de velours
Reposait dans l’espace I a violette à blanche fleur.
Voilà que l’ombre d’une étoile
Couvrit d’un léger voile Ce tout gentil dormeur.
Mais tout à coup de l'océan
Surgit gros de tempêtes,
Le majestueux ouragan,
Des pins brisant les têtes ; A travers les déserts de l’air S’agitaient de nombreux nuages, Précurseur des orages Déjà brillait l'éclair.
Sur les vagues en folâtrant
Glisse nouvelle aurore,
O il donc est cet être odorant Qui là rêvait encore Hier sous le souffle du soir?
Là bas erre l’orgueil des Fées,
Du vent sous les bouffées, Morte de désespoir.
Ainsi sur le courant des ans
La fleur — c’est la jeunesse, L'espoir lui donne ses élans
Scs plaisirs, son ivresse :
L'âge, c’est le nuage épais Qui vient obscurcir son passage,
Et le chagrin l’orage Qui l’écrase à jamais-!