SOTHEBY (W
La Grotte d’Eoérie.
Puis-je oublier ce jour si beau Lorsqu'on quête d’un peu d'ombrage, Je m'étendis près de ton eau Grotte qui fus celle d’un sage.
A mes pensers là donnant cours J’évoquai dans ma révêrie De Numa, de son Egérie,
Les chastes et prudents discours.
Toute de lierre tapissée L’arche avait peine à se tenir,
Et sous la voûte crévassée Ne folâtrait aucun zéphir ;
Affaissée était la nature,
Le brin d'herbe point ne bougeait, Dans un coin le serpent dormait Ratatiné dans son armure ;
Tout était muet à l’entour,
Hormis le lézard plus vivace Qui, lui, sortait d'une crévasse Pour mieux se pavaner au jour.
Cependant sur le monticule Orné d’un verdoyant bosquet Qui dominait cette cellule,
S’entendait le chaut maigrelet De la monotone cigale Qui criait et toujours criait,
Et dans son ardeur martelait Son oraison dominicale.
Etranger ! ô toi dont le cœur Se complaît dans la solitude,
Cherche dans ta sollicitude,
Lieu plus charmant, plus enchanteur.
Ce gai ruisseau, cette onde pure Venant de ce tertre voisin, ils se glissaient en doux murmure Daps l’urne de ce beau bassin, lime et bassin, tout est décombres,