À DEUX HIRONDELLES
Mais an vilain temps comme au beau, Nos cœurs ont leur ardeur première.
Eusemble nous devenons vieux,
L’arbre où se cramponne le lierre Voilà l’emblème harmonieux De notre amour sur cette terre ;
Et c’est plaisant que de savoir Malgré le monde et ses systèmes, Qu’au matin de la vie, au soir,
Nos deux cœurs sont restés les mêmes.
Ensemble nous devenons vieux Et puissions-nous mourir ensemble ; Puissent nos âmes jusqu’aux cieux Toutes les deux monter à l'amble ;
Car nous avons su nous chérir En traversant la vie entière.
Si bien qu'au moment de mourir Nos cœurs ont leur ardeur première.
SPBAGUE (CHARLES).
A deux Hirondelles.
Venues dans nne église pendant le service divin.
Hirondelles, couple joyeux Que cherchez-vous au ciel sur vos ailes légères ?
Le repentir n’est pas pour vos cœurs généreux,
Point n'avez besoin de prières.
Pourquoi venir ici percher
Dans ce temple où vers Dieu s’élèvent nos louanges ? Contre le Créateur vous n'avez pu pécher
Vous aussi pures que des anges !
De l’air pèlerins bienheureux Vous n'avez comme nous à déplorer des crimes ; Vous n'avez, comme nous, à fatiguer les cieux De repentirs bien légitimes ?
Il vous est donné d’éveiller Les suaves chansons de la douce nature ;
De vos gazouillements de nous émerveiller
Quand vient à nous votre voix pure.
l’esprit.
Bien au-dessus des lacs, des monts, Elevez-vous, Oiseaux, vers le séjour des anges, Au-dessus des cités, de leurs gouffres profonds
De Dieu pour chanter les louanges.
Ou, si vous restez parmi nous Pour rendre compte an ciel de nos humbles prières, Montrcz-moi le chemin où pourrais avec vous M'élever au-dessus des sphères.
Car moi, si je pouvais voler Au-dessus de la foule, an-dessus de la terre,
Au profond du nuage, oh ! j’irais sans trembler Chercher l’étoile solitaire.
Oh 1 ce serait vraiment le ciel Que monter à travers l’immensité des mondes, Jusqu’en son sanctuaire adorer l’Eterncl
Qui créa la terre et les ondes !