BERTRAND (CHARLES
L’Homme le seul Avare de la Création.
L’Alouette en chantant s’élève dans les airs.
Et le matin, au ciel va porter ses concerts ;
Aux veilleurs de la nuit la douce Philomèle Raconte son amour, en sa plainte étemelle ;
Les fleurs ne cachent pas à notre œil leur beauté, Non plus qu'à l’odorat leur fraîche volupté,
Mais à plus d’un insecte offrent logis et table,
Et donnent il la brise un parfum délectable.
Le soleil généreux verse ses rayons d’or Sur la ville et le fleuve et la vallée encor ;
Et donne son trop plein à la royale lune Qui sur la terre épand sa lumière opportune ; L’étoile aussi sourit du haut de son manoir Pour empêcher la nuit de trop broyer du noir ;
Au pays des Lapons l’aurore boréale,
En dépit du soleil fait le jour . . . 6 scandale !
L’étincelle électrique illuminant les cieux Sur la terre importée, au moyen de ses feux De la mer en courroux bravant la traversée A des pays lointains va porter la pensée ;
En de nombreux anneaux le fleuve serpentant Fertilise le sol qu’il oaresse en flottant,
Les nuages du ciel nous versent l’abondance En donnant à nos champs la pluie et l'espérance.
L’homme dit: “Je le veux !” — Et les pics nébuleux Et la terre et les mers, et les rocs caverneux,
Lui livrent leurs secrets, et l’or de leurs richesses, Feu, fer, argent, bijoux, en un mot leurs largesses: Les arbres qui des vents laissent passer le cri,
Aux timides oiseaux offrent leur sflr abri,
Et se prélassant fiers de leurs fruits admirables De leurs tributs divers embellissent nos tables.
EN VOTANT UNE FLEUB FLEÜBIB.
L’homme seul est avare, il mijote son or,
Le caresse de l’œil et l'enfouit le butor !
Comme si le bon Dieu de sa main protectrice L’eût doté, seulement, pour couver l'avarice.
Tous dons reçus devraient germer dans l’avenir,
Et non rester cachés d’un seul pour le plaisir ; Opulence et talents ne sont rien sur la terre S’ils n’aident au progrès, flambeau de notre sphère !
BODD1NGTON (MHS.)*
En Votant une Fleub fleurir sub la Fen£tbe h’un Pbisonnieb.
O pâle prisonnier qui contre les barreaux Nous laisses voir votre détresse,
Cette petite fleur comment donc de vos maux Peut-elle adoucir la tristesse?
Serait-ce qu’en sa feuille il vous est donné voir Jusqu’au germe de l’espérance?
Un chaînon qui vous lie, invisible, à l'espoir?
Un reste de vieille croyance?
Une ombre de ces jours — bien beaux jours d’autrefois Oît les fleurs bijoux de l'enfance.
Scintillaient à vos yeux, une petite voix
Sympathique à votre souffrance.
Peut-être que vos yeux voyent dans son contour De paix du ciel un doux présage ;
Un quelque chose inné qui déteint de l’amour,
D'un sentiment sans alliage.
Ohl qu’il en soit ainsi! Vous, qui que vous soyez Quelque puisse être votre faute,
Cette petite fleur vous le dit : Espérez
Car la main de Dieu, — c’est son hôte !
Et de ce pur amour que portez à ht fleur,
Il surgira, je vous l’atteste,
Cet amour plus divin qui fait monter le cœur
Jusqu'aux cieux .... à l'amour céleste!
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