ANONYMES
Rayons de Soeeil.
Chauds rayons de soleil ! chauds rayons de soleil ! Vous tombez sur la terre, et la terre est féconde; Votre splendide éclat à nul autre pareil,
Eclaire, réjouit, et rajeunit le monde :
Vous vous plaisez à folâtrer Sur le vallon, sur la colline.
Et vous vol.! faites admirer Sur l'onde qui fuit argentine.
Beaux rayons de soleil ! beaux rayons de soleil !
Du pauvre vons tombez sur la cabane obscure,
Et vous l’environnez d’un éclat si vermeil Que tout pauvre qu’il soit il bénit la nature !
Son lot il est pourtant piteux,
A peine a-t-il de l’eau pour boire ; Mais du séjour des bienheureux Vous venez lui narrer l’histoire.
Vous reluisez brillants, vous reluisez brillants A travers la forêt et ses sombres ombrages,
Dansant aussi légers que sylphes frétillants Sur les étroits sentiers, sur les plus doux feuillages ; Et les gentils petits marmots Mirant le plancher mosaïque,
Vous prennent pour esprits falots Qui veulent leur faire la nique.
LES CINQ ENFANTS
Vous reluisez brillants, vous reluisez brillants,
A travers les rideaux drapés de la croisée,
Du jasmin à travers les bouquets scintillants, Lorsque le jour doré s'éteint douce rosée,
Et qu'un vieillard tont souffreteux En proie à des douleurs étranges, Vous prend pour hérauts lumineux Du beau climat, séjour des anges.
Vous reluisez brillants, vous reluisez brillants Au cachot du captif, en dépit du gendarme ;
Et mille visions de jours plus bienveillants Retiennent son esprit encore sons le charme ;
Bosquets, fontaines, vallons, bois, Fleuves témoins de son enfance, Doux accents des temps d’autrefois Vous visagez sa souvenance!
Chauds rayons do soleil emblèmes étemels De la lutte sans trêve oh le sort nous convie ; Tempêtes, ouragans, mais cessant d'être tels Souvent par les rayons tout dorés de la vie ;
Que serait la terre sans vous ?
Une nuit sans la moindre étoile I Que serait la vie ?... oh ! pour tous Rien, sans la foi, vers Dieu la voile !
Les Cinq Enfants.