‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 41 sur 396 · BROWN (MISS FRANGES · texte numérisé non relu

BROWN (MISS FRANGES

Les Derniees Amis.

Je reviens au pays, mais n'ai plus l'Espérance Qui, brillant arc-en-ciel, illuminait mes cieux ;

Plus cette vigueur d’âme, énergique puissance,

Qui bravait la fortune, et le temps et les lieux ;

Plus l’amour — du voyage agréable recrue,

Qui n’a su me laisser que regret et douleur ; —

Mais vous, vous me direz encor la bienvenue Collines du pays, montagnes de mon cœur I

Votre verdure encor souriait à ma vue Lorsque seul je suivais les bords du Thanaïs,

J’admirais vos splendeurs se perdant dans la nue Dans ces plaines là même, oh bruit le maïs ;

Pour moi vous surgissiez à travers les ombrages De l’occident ; — pour moi, par delà les déserts Vous souffliez, — échos de mes tant doux bocages . . . Chez moi tout était mort — tout . . . hormis vos concerts !

Cendres des miens au loin vous êtes dispersées.

Au désert, dans les mers, sous quelque ciel nouveau, Vous serviez l'étranger, en vos tristes pensées Pouviez-vous en notre île, espérer un tombeau ?

Quant à moi je reviens, et tout cliargé d’années Avec le souvenir de mes premiers beaux jours, Espérances du cœur vous êtes surannées,

Mais me les rappelez, montagnes, mes amours !

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