LE CIEL
Où sont les braves coeurs, où sont les doux visages Que sentais palpiter, que voyais autrefois ?
De beaux fronts sont ridés sous le coup des orages, Et bien des nobles cœurs las ! sont devenus froids. Mais nos ruisseaux encor gazouillent sous l’ombrage, Nos monts sont aussi verts que lorsqu'au temps jadis Nous leur faisions porter la gaîté de notre âge .... Eux n’ont point de douleurs ... ils restent nos amis. Ainsi que l'océan laisse à nu le rivage,
Les brouillards du matin nous laissent voir les monts, Et l’éclat du soleil ceint de son fascinage La libre Majesté de leurs glorieux fronts :
Oh 1 qu’il en soit ainsi pour les cœurs de notre île,
A bas l’oppression qui détruit tout essor !
Rendez à notre sol sa gloire indélébile ....
Les monts de mon pays s’en souviennent encor !
Le Ciel.
Comme tes profondeurs brillent voûte azurée,
Dans la pompe des jours d’été, —
C’est une châsse à jamais adorée Symbole de l’Eternité !
Les nations passent ainsi qu’une ombre,
Mais toi dans ton éclat si pur,
La tempête, le vent, ou le nuage sombre Rien ne déteint sur ta robe d’aznr.
Nous avons, et bien loin cherché les reliquaires
Qu’on construisait au temps jadis ; Qu’avons-nous vu? — rien que choses vulgaires,
Que cendre, poussière et débris.
Sables de Thèbe, et vous monts de la Thrace
Qu’êtes-vous donc ? Rien que d’obscur :
Mais vous astres brillants épandus dans l’espace Vous êtes Rois — oui, seuls Rois de l'azur !
Nous avons, délaissant nos brillantes années,
Délaissant ainsi le bonheur,
Au loin cherché superbes destinées,
La gloire, l'amour, et l'honneur.
Mais las I la gloire a passé comme une ombre.
Et l'amour, ce flambeau si pur