‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 43 sur 396 · LES ARBRES · texte numérisé non relu

LES ARBRES

A lui comme un éclair au milieu d'un jour sombre, Lorsque du ciel brillait toujours l'azur.

Tu te penches sur nous comme dans notre enfance Comme un charmant et bon ami, Tu nous souris ainsi que l’espérance,

Tu rends notre cœur aftèrmi.

Si d’aventure il nous vient la misère,

Si l’avenir se fait obscur,

Toi tu jettes sur nous ce doux regard d’un père.

Ce doux regard tout imbibé d’azur.

Souventefois le Sage en un profond silence

T’interroge . . . aussi le Marin Quand sur la mer, un doux souffle balance Le vaisseau qui fait son chemin. Et le sauvage au milieu du bois sombre De pins, il cherche ton azur,

Il voit en toi son Dieu dont il adore l’ombre.

Dans tes splendeurs, dans ton éclat si pur !

Tu sais parler aux cœurs, et parler aux oreilles

Soit par la foudre ot les éclairs, Soit par la brise et ses douces merveilles

Si gentiment frôlant les airs : — Et nous, des fleurs nous détournons la vue, Quand leur éclat devient obscur,

Nous fuyons les tombeaux — mais par délit la nue Notre œil t’admire en ta robe d’azur !

Les A bures.

Comme derniers faisceaux de lances de bataille Dans leur première force ils se tiennent debout,

Et nous parlent des temps où jamais une entaille N’avait touché leur front qui s'élevait partout. Avant qu'aucun chasseur n’eut pu suivre une trace, Avant qu’aucun marin n’eut sillonné les mers.

Les îles cependant s’étendaient dans l’espace, Vierges, se pavanant de leurs arbres divers.

Aucuns ont pu survivre ù la foi du Druide.

Aucuns ont pu survivre h l’aigle de César,

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