‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 56 sur 396 · CAMPBELL (THOMAS · texte numérisé non relu

CAMPBELL (THOMAS

La Pétition du Hêtre.

Oh ! laissez-moi ce lieu solitaire et stérile,

Epargnez. Bûcheron, le Hêtre et son asile !

Bien que jamais buisson, que jamais une fieur Ne végète au dessous de mon trop sombre ombrage,

AU coucou.

Ni que bourgeons d'été d'une belle couleur Ne viennent quelquefois égayer mon feuillage ;

Bien que mes bras puissants ne supportent jamais Ces magnifiques fruits qu’en sa bonté l’automne Pour les fleurs du printemps il bien des arbres donnu. Qui pourraient attirer l'abeille sous mou dais.

Oh laissez-moi ce lieu solitaire et stérile,

Epargnez, Bûcheron, le Hêtre et son asile.

J'ai vu pendant trois fois vingt étés, du genêt Au loin resplendir l’or, et verdir la forêt,

Le redoutable hiver a dans ma solitude Secoué maintefois mon tronc de sa main rude,

Depuis que sous mon ciel à moi. jeune arbrisseau, Vers mon ombre l’enfance accourait du préau, Depuis que les amants, quand a fui le jeune âge,

Se sont réfugiés sous mon discret ombrage,

Sous mes regards muets échangeant leurs aveux,

Et sur mon tronc gravant leurs chiffres amoureux.

Au nom de ces soupirs, échos de la tendresse, Exhalés sur cc sol si cher à la jeunesse,

Au nom des doux secrets que couvre mon pourtour, De la beauté qui vint y trouver une idvle, Ilonorez-moi, je fus le temple de l’amour,

Epargnez, Bûcheron, le Hêtre et sou asile.

CAPERN (EDWARD).

Au Coucou.

Coucou, coucou donnant du cor Lorsque nos champs sont vêtus d’or,

Coucou, coucou dont la voix neuve Comme la vague sur un fleuve S’eu va gentiment murmurant De doux glouglous dans son courant ;

Qui nous rappelle d'une mère L’accent ému, la voix si chère ;

Rivalisant dans ton bémol Le chant d’oiseaux d’un plus grand vol ; Quelque chose comme un mystère Que le ciel dérobe û la terre ;

Tant tu vis de mysticité,

A peine une réalité :

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