‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 63 sur 396 · CASSEL8 (W. R · texte numérisé non relu

CASSEL8 (W. R

Le Héron étoilé.

Les roseaux endormis sur le vert marécage Bercent oiseusement leur indécis tangage.

Sur ces marais mortels pourrit l’épais herbage. G

UNE PRIÈRE À DIEU

Ni mouvement, ni vie en ce coin isolé,

Hormis le vent glissant sur le ciel pommelé.

Nul son, hormis le cri du Héron étoilé.

Le Héron étoilé trône dans le silence Sur des fûts mutilés, par leur rare élégance Des palais d'autrefois, redisant l'opulence.

Ces débris imposants de glaïeuls tout vaseux Surgissent, entourés de verdâtres cheveux,

Comme si d’un tombeau sortait un membre osseux.

Le Héron étoilé se tient là sur la pierre Par le temps égrénée, et tombant en poussière,

De son accent plaintif effrayant l'atmosphère.

Il trône dans ce lieu sauvage et désolé,

Narguant l'orgueil humain, le Héron étoilé !

Il trône insouciant sur le fût éboulé.

Les doux chants de la paix, de l’amant la romance,

Les hourra du guerrier, du tribun l'éloquence,

Tout est mort, hors son cri qu'il impose au silence.

Le Héron étoilé 1 — Devez-vous donc finir Ainsi, Gloire et Grandeur espoir de l’avenir?

Et le présent doit-il ainsi s’évanouir ?

Ne restera-t-il plus pour écouter la gloire Si durement acquise, une oreille à l'histoire?

Et de l’histoire même, en aura-t-on mémoire !

Du passé le Héron s’assied sur Icb marais,

Tandis que fuit le temps sur ces débris-palais ;

A son propre cri rauque, il se retourne, ouais !

Silencieuse ainsi l'heure succède à l’heure;

De son aile sans bruit puis bientôt il effleure Le sol, et va porter au ciel son cri qui pleure.

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