COOK (MISS ELIZA
Les Fleurs Sauvages de l’Hiver.
C’est le sombre et morne hiver,
La neige couvre la terre ;
Pas une rose au parterre,
Pas un pavot à l’œil lier.
l'avkïtib.
L’arbre craque et le sol gèle, L'oiseau transi meurt d’effroi, Le vent souffleté la grêle,
Le ruisseau s’arrête coi ;
Mais cependant à ma vue S'offre un tertre de gazon,
Où la perce-neige émue Vient de briser sa cloison.
Pour moi c’est si grande joie V oir les boutons du printemps Se frayer précoce voie,
Pour s’ouvrir avant le temps !
On dit que notre vieux monde Cherche ù nous pétritier,
Et que la vieillesse fronde Plaisirs pris sous l'églantier ; On dit que lorsque commence Pour nous la neige des ans, Nous perdons fleur d’espérance Sous la brise des autans ;
Ne sais ce que me destine Le ciel pour briser mon coeur, Mais supporterai l’épine Si Dieu me laisse la fleur ;
Sans souvenir de jeunesse Qui voudrait de la vieillesse ?
Qui voudrait avoir été Sans un souvenir d'été ?
L’Atenib.
C était bon de ta part, Etre plein de sagesse,
De jeter sur nos ans le voile du destin,
Pour que nous ne puissions craindre un coup qui nous blesse, Ni d’avance prévoir de nos larmes la tin.
Si nous savions, hélas ! que ce gai chuchotage,
Et ces suaves voix si douces aujourd’hui,
Et que la main pressée, éloquent fascinage,
Contre nous, dès demain, se mettraient pour autrui ;
Et (pie l’affection qui déborde notre ôme.
Bien souvent finirait par folie ou douleur ;
EN RECEVANT un bouquet.
Et que de notre coeur la pure et vive flamme,
Ferait naufrage au port en quête du bonheur ;
Ah I si notre œil voyait si près de nous des ombres.
Le monde ne serait qu’une triste prison,
La jeunesso y verrait seulement des jours sombres,
Et l’enfance la tombe au prochain horizon.
Car si dans notre ciel il existe une étoile L’espérance— parfois qui trompe notre cœur,
Dieu nous en a doté pour nous servir du voile,
Vers un port idéal en quête du bonheur.
Car bien que l'amitié pareille au météore,
D'un éclat merveilleux brille et passe eu courant,
Que, bulle de savon, elle dure une aurore,
C’est toujours du bonheur qu’un beau rêve — enivrant !
Oh ! oui, c’est du bonheur qu’à notre courte vue Se cache l’avenir, — que le plus beau soleil,
Nous en puissions jouir sans songer à la nue,
Que nous puissions dormir sans songer au réveil.
C’était bon de ta part, Etre plein de sagesse,
De jeter sur nos ans le voile du destin,
Pour que nous ne puissions craindre un coup qui nous blesse, Ni d'avance prévoir de nos larmes la tin.
En becevant un Bouquet de Bruyère, de Genêt épineux et de Fougère.
Sauvages fleurs des champs, gloire de nos bruyères,
A mon esprit rêveur combien vous êtres chères 1 Vous me dites ces jours oh jeune enfant encor J’ignorais les soucis, la renommée et l’or.
Fleurs sauvages des champs du sol propriétaires Luzerne bien aimée, et vous beaux capillaires,
Vos suaves odeurs m’enseignèrent un Dieu ....
Je surpris votre encens s’élevant au saint lieu.
Mes petits pieds légers courant à perdre haleine Sans frayeur abordaient votre gentil domaine,
Sauvages fleurs des bois ; j’ai souvent tiraillé Vos taillis embaumés comme un lutin ailé;
Mais las ! vos fleurs étaient d'un abord difficile,
Et pourtant à gagner l’or est bien moins facile :