LE VENT
Amante du mystère, et du profond silence,
Tout se tait;— tout hormis le cœur,
Il déborde à ta vue en muette éloquence Qui de l’Ame s’élève et monte au Créateur.
Comme sur le palais de l’habitant des villes,
Sur le chaume du laboureur.
Belle Etoile du soir, brillaute tu scintilles Afin de mieux encore éclairer le bonheur.
Car le bonheur s’attache A notre toit modeste
Quand nous aimons le coin du feu, Car les plaisirs du cœur sont la manne céleste Que pour nous, pauvres gens, nous fournit le bon Dieu.
Quand ma Jenny gaiement m’a dit: “Bonsoir notr’homme!’’ Et mes marmots : “ Bonsoir papa ! ” Qne chacun est joyeux, je le demande, en somme Le riche avec son or a-t-il mieux que cela?
Luis toujours sur mon toit, ma belle Solitaire
Ma douce Etoile, Ange du soir,
Et puisse-tu jamais n’éclairer sur la terre Que des gens, comme nous, heureux de se revoir 1
Le Vent.
Lf. Vent a des parlers que je voudrais apprendre ! Quelquefois c’est sévère, et quelquefois c’est tendre ; Quelquefois cela vient comme un chant dit tout bas, Et lors tout devient calme, et l’on n’entendrait pas La forêt assoupie au milieu d’un doux rêve,
Ni l’océan frôlant paisiblement la grève,
Qui, ses bras de cristal croisés dans le repos Sur son sein haletant berce les lourds vaisseaux.
Quelquefois, quand devient jaune et flétri l’automne. Que sur l’an qui s’en va le nuage sillonne Un déluge de pleurs, il vient comme un sorcier Marmotter je ne sais quel glas particulier.
Aux feuilles il fait signe, et dans un beau désordre Les voilé bondissant, voltigeant à son ordre,
Puis les piés tournoyant, suivant soudain ses pas, Pour aller voyager bien loin là bas ! là bas !