‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 8 sur 396 · A JESSIE · texte numérisé non relu

A JESSIE

Quelquefois dans l’hiver il sonne scs crécelles,

Et j’entends le flic flac de ses puissantes ailes,

Je vois le fauve éclair qui de son œil de feu Vibre, quand de là haut du séjour oh vit Dieu,

Il s'élance en courroux, fougueux, terrible, étrange, Puis élève la voix de la mort comme l’ange.

Et la vague bondit soudain à cet appel,

Et le vaisseau porté du noir abîme au ciel,

Craque, crie et se troue, et les monstres difformes Au fond de l’océan qui pullulent énormes, S’éveillent en sursaut de leur sommeil flottant,

Et sur les Ilots rageurs se montrent à l’instant,

A travers l’ouragan fournissant leur carrière. Heureux de s'énivrer de ces cris de colère ;

Et quand de son reflet la lune argente l’eau,

Sur le vaste océan il n’est plus le vaisseau,

Disparu pour jamais sous la vague profonde A peine léguc-t-il un souvenir au monde ;

Et l’horrible ouragan qui lui joua ce tour

Il a fui ... . comme un songe à l’approche du jour !

A Jkssie.

Quand la première étoile a paru dans les cieux,

Oh! pense à moi Jessie, 6 mon idole,

Et dis-toi bien ainsi qu'un doux symbole, .

Que moi je la regarde en pensant à tes yeux.

Car dans le jour, vois-tu, ton image obscurcie Peut m’échapper au milieu du labeur,

Mais que vienne le soir, et ma douce Jessie Revient à ma pensée, aussi bien qu'à mon cœur !

Le soir c’est le bonheur !... De la beauté c'est l'heure. Bonheur, beauté tous deux fuient le grand jour, Le soir venu, règne à nouveau l’amour,

Et près de sa Thétis le blond Phœbus demeure.

Et bien que dans le jour des cœurs tels que nos cœurs Laissent dormir l'amour et son ivresse,

Avec l’heure du soir renaît notre tendresse,

Et d’un bonheur futur nous rêvons les douceurs !

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