‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 71 sur 396 · LA TIE · texte numérisé non relu

LA TIE

Comme un enfant gâté. — Tu nouB diras tes peines,

Quand tu pourras parler, quand verdiront les plaines.

Ne tremble pas, ô cher petit oiseau !

Surtout de nous ne crains aucune injure.

Nous te voulons du bien. — -Il est dans la nature Une voix sympathique au moindre vermisseau.

Et toi, petit oiseau, tu nous comprends, je gage,

Car la bonté du cœur n'a partout qu'un langage :

Un seul pour tous, — et pour les animaux,

Pour les oiseaux, et pour l’homme et pour l’ange, Et mille fois plus doux que la musique étrange D’un luth touché la nuit, — que le bruit des roseaux ; Universel, divin, admirable langage Qu’il soit la voix du ciel, ou la voix de l’orage.

Mais chut ! voilà qu’un son de son gosier,

Son, faible encor, de sa reconnaissance Sans doute vient ici nous donner l’assurance,

On dirait une note expirant au clavier ....

Un autre son le suit, avec peine il aspire,

Voyez! . . il se raidit, tourne le bec, expire! . . .

Il est donc mort 1 . . il est mort, tous nos soins Sont superflus 1 . . Et maintenant la mère Redemande aux échos son petit impubère,

Et de cette douleur il faut être témoins 1 Tout est vain ! — Je te plains, ô pauvre créature,

De n’avoir pu jamais célébrer la nature I

La Vie.

Nous naissons, nous rions, nous pleurons, nous aimonB, Nous dépérissons, nous mourons!

Et pourquoi donc nos pleurs, et pourquoi donc nos rires ? Qui connaît ce secret pourquoi ?

Hélas ! pas moi 1 Non pas moi — même par ouï-dires 1

Pourquoi la violette invisible à notre oeil Surgit-elle de son cercueil ?

Et pourquoi les saisons et fraîches et pimpantes Nous donnent-elles doux penser * Sans y penser?

Décevant nos fîmes aimantes.

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