LE CHAUT D*CNE MÈRE
Noun I . . nous nous démenons, nous fuyons, combattons, Et nous aimons, et nous perdons.
Et puis avant long-temps nous retombons poussière,
Et dans le cercueil gisons morts.
De vains efforts Est-ce donc là ta vie . . . ô Terre !
Le Chant d’uns Mère.
Dors ! Les vents ont sonné le glas de mort : Aucune étoile au ciel — la lune dort;
Le fleuve est large et creux, le courant fort Conduit où nous voulons trouver un port.
Nous allons chercher une place Au loin par delà dans l’espace,
Où des anges divins vit la race.
De ton père, un sans-cœur, je fis mon Dieu, Car mon cœur se fondant, j'en fais l’aveu, Sous son regard puissant, son œil de feu,
A tous bons sentiments, je dis adieu : —
Mais nous irons, et tout à l'heure, Où va le flot (pii tout efileure, Nous nous ferons un lit à demeure.
Le monde est bien cruel ; nos ennemis Sont nombreux ; impuissants sont nos amis, Nous n'avons pas d’ouvrage, et c’est bien pis I Nous n’avons plus de pain — pas de logis :
Que nous reste-t-il donc à faire ?
A mourir pour fuir la misère. . .
A nous cacher honteux sous la terre I
La Destinée du Chêne.
Le hibou peut toujours appeler le hibou,
Et le fleuve chanter sa chanson monotone,
Mais quant au chêne, il doit tomber, et n’importe où Quand il a vu cent fois une nouvelle automne : Ecoutez ! écoutez ! un coup, puis un son sourd,
Un second coup, et puis il a ployé sa cime ;
Puis un troisième coup suivi d’un son plus lourd Le Roi de la forêt est mort, — on le décime.