CORMAC ET MARIE
Telle au printemps nouveau la perle virginale Que distille l’aurore en sortant du sommeil,
Alors qu'elle s’attache au rosier, douce opale.
Rougit aux regards du soleil,
Telle Heur de ton ccil devenue eau lustrale
Rendrait le vin vermeil.
Pourquoi trembler ainsi gentille gouttelette !
De tomber sur le sol craindrais-tu ? Dis-Ie moi ?
Oh! comme toi, bijou, quand on est joliette,
Peut -on concevoir tel effroi ?
Les ailes d’un bon ange orneront ta couchette
Mieux qu'orciller de Roi !
Et puis tout doucement h la voûte étoilée Ainsi tu monteras à ton séjour — le ciel !
Et puis dans le sommeil bientôt annihilée,
Tu noieras ton chagrin sans fiel,
Jusqu'il ce que tu sois conduite, consoléo,
Dans le Chœur éternel.
Et puis du firmament dans la vaste prairie,
Tu seras bien un œil, mais pas un œil pleureur,
Jo doute pourtant que ta nouvelle patrie
Four toi soit lieu plus enchanteur Que lorsque sur la terre il l’œil bleu de Marie
Tu scintillais, doux pleur !
CB.OKEK (T. C.)*
C o rm a c et Marie.