USE COMPARAISON
Une Comparaison.
Nous sourions au doux sourire •Sur le visage humain se jouant empressé,
Et de la paix du cœur symbolisant l’empire . . . Quoique le cœur trop plein de chagrin soit froissé.
Et quand nous voyons ce sourire Soudain brillanter l’œil, nous croyons au bonheur, Bien qu'il nous cache il peine un soupir qui déchire, Bien qu’il nous voile à peine un pleur révélateur.
Ainsi de l'insecte au phosphore, lorsque nous admirons les rayons lumineux,
Nous ne nous disons pas : “ Ce brillant météore Ronge la pauvre feuille asile de ses feux !”
Ac Temps.
Vieux Sire à la barbe grisâtre Avec certain plaisir j’envisage souvent Les rides crevassant ton front boueux, jaunâtre, Et tes rares cheveux qui contrefont l’argent.
Elle rit, vive Dieu ! ta mâchoire ébréchée,
Quelle gaieté funèbre est sur ton nez perchée ?
O toi le plus grand des farceurs Comme Polichinelle est le Roi des rieurs !
Dans les beaux jours de mon enfance, Tu riais à mes jeux, m’apportais des joujoux, Pour égrener mes ans passés dans l’ignorance,
Et d’être paresseux me renvoyais absous.
Ta bonne volonté de plus en plus facile,
Plus tard satisfaisait mon vœu le plus futile !
Merci gaillard de belle humeur,
De mes nombreux péchés tu fus le promoteur !
Lorsque les feux de la jeunesse M'appelaient eu champ clos au tournoi des désirs. Tu m’octroyas le don d’inspirer la tendresse,
Et je bus à longs traits la coupe des plaisirs.
Puis de faire l'amour, quand me quitta l’envie,
Tu fis de la raison le flambeau de ma vie,
Merci sage modérateur,
Merci, car je t’ai dfi deux fois le vrai bonheur !
près l'église d’annie.
Bientôt pour seconde maîtresse A mon cœnr dépourvu tu donnas l’amitié,
J'eus des amis nombreux, mon coeur et ma richesse Je mis tout en commun avec eux de moitié.
C’est toi, c’est encor toi, qui lorsque la fortune Eut déserté mon toit, ne me tint pas rancune,
Et me fit trouver le bonheur Dans les rares amis restés mou malheur !
Quand la passion vagabonde Menait tambour battant mon cœur et mes désirs,
Et qu’un caprice ardent m’eut jusqu'au bout du monde Poussé — pour y cueillir la fleur des vifs plaisirs,
Tu me donnas toujours et vigueur et prestesse .... Depuis tu m’as donné la tranquille sagesse.
Merci, doux vieux moraliscur,
Merci, toujours pour moi tu fus un protecteur !
Et maintenant que les années Ont laissé sur mon front l’empreinte de leurs pas,
Que mes beaux jours ont fui, que mes fleurs sont fanées, Brave et digne garçon tu ne me trahis pas.
Je vois encor parfois doux minois me sourire,
Et parfois soupirer alors que je soupire.
Merci divin législateur,
Merci, toujours pour moi tu fus un bienfaiteur !
Merci, j’ai fini ma journée,
J'ai bu riante coupe, ai palpé maint plaisir,
Je ne regrette rien ; j’ai fait ma destinée,
Arrière les soucis, je u’ai plus qu’un désir :
C'ost de voir près de moi se jouer la jeunesse De l’entendre avec moi célébrer ta vieillesse,
O toi le premier des farceurs,
Comme Polichinelle est le Roi des rieurs !
Près l’Eglise d'Annie.
Un doux oiseau chantait près l’église d’Annie Quand verts étaient les bois, clairs étaient les ruisseaux, Et de ce doux oiseau la gentc litanie Emerveillait les cœurs, égayait les coteaux.
Mais sur le verdoyant versant de la montagne Un perfide oiseleur un jour tendit ses lacs.
LA PEBCE-NEIGE.
Et dans une prison triste comme le bagne Le doux oiseau languit, et plus ne chanta, las !
Près de l’Esk serpentant, près l'église d’Annie Tout doucement vivait une gentille Heur,
Le soleil de ses feux lui versait l'harmonie,
Et le léger zéphir la berçait de fraîcheur.
Mais par de rudes maius à son sol arrachée,
Sous des baisers impurs passèrent, ses appas,
Et la feuille flétrie, et la tête penchée,
La pauvre fleur languit, et plus ne charma, las !
Chantez, vous le pouvez, près l’église d’Annie Oiseaux, mais vos doux chants ils sont tristes pour moi ; Des vallons de Craigo peuplez la colonie,
Gentilles fleurs, — mes yeux pour vous n’ont plus d’émoi. Annie ! Ah ! je te plains et t’épargne le blâme,
Tu m’as fait tort pourtant, toi qui de l’oiseleur
N’as pas su te garer ; — pauvre oiseay de mon âme !...
Toi sitôt arrachée au sol ... . ma douce fleur !
La Peece-Neige.
“ Perce-neige ! oh ! précoce enfant de la Nature, Candide fleur, à Pâme aussi blanche que pure.
Lève ta tête, au sol penchée en abat-jour,
Et parles-nous du Dieu qui te donna le jour ! ”
— “ Petits enfants ! — je suis une humble créature,
Au vêtement modeste, à la simple parure,
Je n’ai puissante voix pour chanter l’Etemel,
Et mon oeil trop peu vif no peut tixer le ciel.
“ Il est Dieul — Son enfant, je ne suis qu’éphémère. Mes regards sont bornés et je viB terre à terre,
Je ne suis qu’un atome, un murmure parfois De la Création, de sa sublime voix.
“ Mais alors que mes sœurs, et les plus orgueilleuses, Se cachent sous le sol craintives et peureuses,
On m’entend moi parmi les tourbillons de l’air Quand hurle la tempête au plus fort de l’hiver.
Grêle, pâle, abattue et timide et tremblante,
Bien rudement bercée, et maiutefois souffrante.