DAVIS (FRANCIS
Le Mois de Mars.
Bien par-dessus les monts, de tambours comme un chœur, Comme mugit la mer rient Mars — le mois rageur.
Il balaye le flot et dans ses jeux harponne La barque où le marin, qui n’en peut, se cramponne.
11 soulève la vague et lance jusqu'aux cieux L’épave qu’il fouette avec ses blancs cheveux.
Son chant qui plane en l’air comme un oiseau de proie,
S'il descend sur le chêne, et le tord et le broie.
En sa soif frimatée il lape dans son vol La mare qui croupit et grouille sur le sol.
11 drape le chemin de rideaux de poussière,
Et d’un tapis menteur il recouvre l’ornière.
D’une jeune malade il vient près l’oreiller,
Puis à la peste dit : “Arrive la veiller 1"
En passant il regarde en pitié la vieillesse,
Et d’un œil froid, vitreux, sourit à sa faiblesse.
Lui donnant pour cadeau l’incarnat du mourir Au poitrinaire il dit : “ En route, il faut partir!"
Auprès du fossoyeur crânement il fredonne :
“ Creuse profond, mon vieux 1 la saison sera bonne I ’’
En passant près du saule il a si doux accents Que le bouton qui dort rêve jù le printemps.
A son souflle parfois il pleut des pâquerettes,
Et sur la mort la vie étend ses collerettes.
Le défilé lui doit ses étoiles de jour Où la fée à U nuit s’en vient tenir sa cour.
LE CHAMP d’asile.
Il souflfe sur lo lit du laboureur qui sème :
“ Couvre légèrement,” dit- il, “c’est bon système." Avec un doux sourire et parfois un doux pleur,
Car tout est | manager, — passe le mois rageur 1