‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 88 sur 396 · DAT (JULIA · texte numérisé non relu

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Le Champ d’Asile.

Tranquille comme un camp à l’heure de minuit Devant moi pose vaste une cité muette . . . D'armes en son enceinte on n’entend aucun bruit, l’as le moindre son de trompette. Des travailleurs bien las, de tous pays venus, Sont en foule serrée en dedans de la porte,

Leurs mains jointes sur eux en signe A'oremus,

Ne travaillent d’aucune sorte.

Muet est le chemin cependant bien peuplé,

Et la ruelle étroite a pourtant bien du monde I Mais de roue ou do forge aucun son isolé,

Aucun, — mais une paix profonde.

Aucun pied de passant n’effleure ici le sol ;

Le tout petit enfant est venu d’aventnre S’y cacher, ne sachant oh le menait son vol, Aussi la vierge douce et pure.

Le poète a posé non fini, son rouleau Dans un modeste coin de cette vaste enceinte, Certes no se doutant que d’un laurier nouveau Ici sa tête serait ceinte.

L’ennemi côte à côte avec son ennemi Est venu déposer là ce qui fnt sa haine ;

Et le cœur malheureux qni fut sans un ami Le fardeau de sa longue peine.

Nul rayon ne s’infiltre appelant le réveil Forcé do l’ouvrier, on plutôt de l’esclave ;

Pas de cloche importune et troublant le sommeil Des assemblés de ce conclave.

Là règne le repos, — le repos doux et fort ! Chants, prières, ni pleurs, non tout est immobile ! Salut à toi Cité tranquille de la mort !

Salut Champ du dernier asile !

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