‹ Le fondement de la moraleChapitre 44 sur 81 · La puanteur juive. (TR · texte numérisé non relu

La puanteur juive. (TR

son principe. Les choses vont même à ce point que cette morale, on ne peut guère en douter, semblable en cela à la théorie du Dieu fait homme (Avatar), est née dans l'Inde, et a dû venir par rÉgypte en Jadée; le christianisme ainsi serait un reflet d'unç lumière dont le foyer est dans l'Inde, mais qui s'étant réfléchie sur les ruines de l'Egypte, par malheur est venue tomber sur le sol juif. On a un symbole ingénieux de ce défaut qu'on trouve à la morale chrétienne, malgré qu'ailleurs elle s'accorde si bien avec celle de l'Inde : c'est l'histoire de Jean Baptiste, ce personnage qui vient à nous avec l'aspect même d'un sanyasi hindou, mais... vêtu de peaux de bêtes! On lésait, aux yeux d'un Hindou, c'eût été là une abomination ; à telles enseignes, que lorsque la Société Royale de Calcutta reçut l'exemplaire qu'elle possède des Védas, ce fut à la condition de ne pas le faire relier selon l'usage ."^ européen, avec djj^gflir : aussi le voil-on dans sa bibliothèque,/ ^w relié en soie. On a un autre contraste tout semblable : c'est d'une /^^^j part la pêche miraculeuse de Pierre, que le Sauveur bénit, tant Jj.^f et tant, que la barque est sur le point de couler bas sous la charge y ' ^ du poisson ; et d'autre part l'histoire de Pythagore qui, initié à V/irt'-M la sagesse des Égyptiens, achète à des pêcheurs leur coup de filet fc^^î avant qu'ils l'aient retiré, pour rendre aux poissons prisonniers ^^^JJ liberté (Apulée, De magia, p. 36, éd. des Deux-Ponts). — Entre ^

la pitié envers les bêtes et la bonté d'âme il y a un lien bien étroit : on peut dire sans hésiter, quand un individu est méchan t y poutJfi&.bête^§».^gfllH n e ^au r ait être homme d e bi ^ n. On peut( d'ailleurs montrer que cette pitié et les veitus sociales ont la même source. On voit par exemple les personnes d'une sensibilité délicate, au seul souvenir d'un moment où par mauvaise humeur, par colère, échauffées peut-être par le vin, elles ont maltraité leur chien, ou leur cheval, ou leur singe, sans justice ou sans nécessité, ou plus que de raison, être saisies d'un regret aussi vif, se trouver aussi mécontentes d'elles-mêmes, qu'elles pourraient l'être au souvenir d'une injustice exercée contre un de leurs semblables et que leur conscience vengeresse leur rap-

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pellerait. Je me souviens d'avoir la l'histoire d'un Anglais qui dans l'Inde, à la chasse, avait tiré un singe : ce singe en mourant eut un regard que l'Anglais ne peut jamais oublier : depuis il ne tira pas une fois un singe. De même William Harris, un vrai Nemrod, qui par amour de la chasse, s'enfonça durant les années 1836 et 1837 jusqu'au cœur de l'Afrique. Dans son voyage, publié à Bombay en 1838, il raconte qu'après avoir tué son premier éléphant (c'était une femelle), il revint le lendemain matin chercher la bète morte ; tous les autres éléphants s'étaient enfuis ; seul le petit de la femelle tuée était resté toute la nuit auprès du corps de sa mère ; oubliant toute timidité, avec tous les signes de la douleur la plus vive, la plus inconsolable, il vint au-devant du chasseur, l'enlaça de sa petite trompe, pour lui demander secours. Là, dit Harris, je ressentis un vrai regret de ce que . j'avais fait, et il me vint à l'esprit que j'avais commis un meurtre. Cette nation anglaise, avec ses sentiments si délicats, nous la voyons prendre le pas sur les autres, se distinguer par son extraordinaire compassion envers les bêtes, en donner à chaque instant des marques nouvelles ; cette compassion, triomphant de cette « superstition refroidie » qui à d'autres égards dégrade la . nation, a pu la décider à combler par des lois la lacune que la religion avait laissée dans la morale. Cette lacune est cause en effet qu'en Europe et dans l'Amérique du Nord, nous avons besoin ^ * de sociétés protectrices des animaux. En Asie les religions suffisent à assurer aux bêtes aide et protection, et là personne ne songe à de pareilles sociétés. Toutefois en Europe aussi de jour en jour s'éveille le sentiment des droits des bêtes, à mesure que peu à peu disparaissent, s'évanouissent, d'étranges idées de domination de rhomme sur les animaux (comme si le règne animal n'avait été mis au monde que pour notre utilité et notre jouissance) ; car c'est g'râce à ces idées que les bêtes ont été traitées comme des choses. Telles sont bien les causes de cette conduite grossière, de ce manque absolu d'égards, dont les Européens sont coupables envers les bêtes ; et j'ai fait voir la source de ces idées, qui est

dans l'Ancien Testament, au § 177 du 2° vol. de mes Parerga. Il faut le dire encore à la gloire des Anglais, ils sont les premiers chez qui le législateur ait sérieusement entrepris de protéger aussi les bêtes contre des traitements cruels : là, le gredin qui fait souffrir des animaux le paie, et il n'importe que les victimes soient sa propriété. Ce n'est pas assez : à Londres une société s'est formée spontanément pour la protection des bêtes, Society for the prévention of cruelty to animais (i) ; avec ses ressources privées, à grands frais, elle travaille activement à préserver les bêtes de toute torture. Elle a des émissaires secrets qui vont partout, qui ensuite dénoncent quiconque torture ces êtres incapables de parler, mais non de souffrir : il n'est pas d'endroit où l'on n'ait à redouter leur regard (2). Auprès des ponts de Londres, où la pente

1. Société pour prévenir les cruautés envers les animaux. (TR.)

2. On va voir si cela est sérieux, par un exemple tout récent, que j'emprunte au Birmingham- Journal de décembre 1839 : « Arresta. lion d'une société de quatre-vingt-quatre amateurs de combats de chiens. — La Société des Amis des animaux avait appris qu'hier sur l'esplanade, rue du Renard, devait avoir lieu un combat de chiens; elle prit des mesures pour s'assurer le concours de la police : un fort détachement de police marcha en effet vers le lieu du combat, et le moment venu, arrêta toutes les personnes présentes. Tous ces complices furent attachés deux par deux, menottes aux mnins : une longue corde qui passait entre eux reliait toutes les files ; en cet appareil, ils furent conduits au bureau de police, où siégeaient le maire et le juge de paix. Les deux chefs furent condamnés chacun à une amende de 1 livre sterling, plus 8 schcllings i/i de frais, la durée de la contrainte par corps étant fixée à quatorze jours de travail pénible dans une maison de correction. Les autres furent relâchés. » — Tous ces beaux-fils, qui ne manquent pas une occasion de goûter ce plaisir et d'autres aussi nobles, ont dû avoir au milieu de cette procession l'air un peu j^êné. — Un exemple plus frappant encore et plus récent s'offre à moi dans le Times du avril 1855, p. 6, et de plus, c'est ce journal lui-môme qui se fait ici l'exécuteur. Il raconte un fait qui vient d'être évoqué devant les tribunaux : il s'agit de la fille d'un opulent baronet écossais, qui, pour avoir cruellement maltraité son cheval à coup de rondin et à coups de couteau, s'est vue condamner à 5 livres sterling d'amende. Mais pour elle, qu'est-ce que cela ? Elle resterait donc en fait impunie, si le Times n'intervepa)t pour lui infliger un chçtiiment convenable et qui la louche: il

est si rude, la Société entretient un couple de chevaux qui prêtent leur renfort pour rien aux voitures lourdement chargées, j N'est-ce pas là un beau trait ? N*emporle-t-il pas notre appro- f bation aussi bien que le ferait un acte de bienfaisance envers des hommes ? De son côté, la Philanthropie Society, à Londres, a proposé un prix de 30 livres sterling, pour Touvrage où seraient le mieux exposées les raisons de morale propres à nous détourner de tourmenter les animaux : il est vrai qu'il fallait emprunter ces raisons surtout au christianisme, ce qui ne rendait pas la tâche facile : le prix fut attribué en i839 à M. Maciiamara. Il existe à Philadelphie une société qui a le même objet, V Animais friendi Society (1). C'est au président de cette société que T. Forster, un Anglais, a dédié son livre intitulé Philozoiaa, moral reflections on the actual condition of animais and means of improving the same (Bruxelles, 1839). (2) Le livre est .original et bien écrit. Naturellement l'auteur, en bon Anglais, s'efforce d'appuyer de l'autorité de la Bible ses exhortations à l'humanité envers les bêtes (3), mais il

imprime, à deux reprises, en gros caractères, les noms et prénoms de la jeune fille, et continue en ces termes: a Nous ne pouvons nous empêcher de le dire : deux mois de prison, sans compter quelques bons coups de verges, appliqués dans le secret, maris par quelques solides gaillardes du Hampshire, auraient été un châtiment beaucoup plus convenable pour Miss. N.N. Une malheureuse de son espèce a perdu tous les droits aux égards et tous les privilèges qui appartiennent à son Sexe : nous ne pouvons plus la regarder comme une iemme. » — Je dédie ces ariicU-s de journaux en particulier aux associations qui se sont déjà form<>es en Allemagne contre les mauvais traitements infligés aux animaux: elles y verront comment il faut s'y prendre si l'on veut compter pour quelque chot^e. Toutefois je dois ici payer un juste hommage au zèle méritoire dont fait preuve M. Perner, conseiller de la cour à Munich, qui s'est dévoué eniièitment à cette œuvre de bientai>ancâ, et qui propage ce même élan dans toute TAllemagne.

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