Saint Augustin, Contra Faustum, 1. XXII, ©. xXYIII
son, — la première se rattachant à la théorie « arbitraire » ou à l’utilitarisme (si Pobéissance est obtenue par la crainte de la sanction ou présentée comme une condition de bonheur) et la seconde au rationalisme ou au système cosmologique (si Dieu sanctionne l’ordre naturel).
Depuis le païen Eutyphron, il a été souvent soutenu que Pobligation ne peut se fonder que sur une volonté suprême qui crée, maintient, réforme et abroge le droit et qu’il n’y a de légitime que ce qui plait à Dieu ou est conforme aux décrèts de la Providence. Gerson a poussé cette idée à l'extrême : « Dieu ne veut pas certaines actions parce qu’elles sont bonnes, mais elles sont bonnes parce qu’il les veut !. » — Leibniz ? réfute avec acharnement cette première forme de la doctrine théocratique : à moins, dit-il, que d’être arbitraire et tyrannique, la volonté supérieure doit se réclamer de la justice et du bien, qu’on prétend issus d’elle, et il y a cercle. Dieu même ne peut pas plus faire que le bien soit le mal que transformer la vérité en erreur. « Le droit serait encore le droit, alors même que Dieu n’existerait pas » (Grotius, Thomasius).
Des auteurs qui font intervenir la raison divine, les uns acceptent pareillement qu’elle reconnaît seulement l’ordre universel, tandis que, pour d’autres, le droit a sa source dans l'intelligence de Dieu. Thomas d'Aquin ? le fonde sur la raison humaine subordonnée à la raison divine, et nous amène ainsi aux confins de cette théorie aujourd’hui surannée.
Son influence fut-elle même aussi universelle et aussi heureuse qu’on l’a supposé? Ce concept a joué un rôle considérable, mais parfois il s’est traduit en des réalités telles que la monarchie de droit divin et les guerres de religion. Si, au début de lPhumanité, la morale se serait difficilement passée du patronage d’une foi déjà établie, la religion, par suite de l’élévation des mœurs, se dispenserait ensuite difficilement d’être morale. Du législateur primitif on exigeait des références divines ; le prophète, plus tard, a besoin pour réussir que ses dieux soient bons ‘. Or, on ne fonde plus guère de religions
5 4, Suarès, De leg. et Deo legisl., X, v, 22, IT, in, 3, 5; Selden, De jure nal.; Pufendorf, Dr. de La nat., I, 11 et vi, 11, 15...
9. Monita ad Pufend. prine., k (à vrai dire, selon Pufendorf, l’obligation seule relevait de Dieu, le bien préexistait). Dans sa Théodicée, II, 182, il admet une solution différente; dans ses Nouv. essais sur l’enlend., I, 1, 12, il accepte la théorie de son adversaire.
3, /Summa theot.,. l, 11, 19, art..3,4: 91 "art.115"93; ant. 4°
4, Lyall, 4b., p. 133, 150, 113 s. Si l’on demandait à un primitif quelle est l’utilité de la religion : « Comme l’astronomie et l’art de la navigation, répondrait-il, elle aide à traverser les risques du voyage à travers