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DOCTRINES THÉOCRATIQUE ET THÉOSOPHIQUE

et les anciennes sont peu plastiques et encore moins progressives ; aussi les dieux assistent-ils à leur crépuscule. Cette double circonstance rend possible et désirable que l’éthique devienne indépendante des mythes. Le droit se détache du dogme, comme l'Etat de l'Eglise, et La sécularisation de la morale est presque un fait accompli.

La réaction contre les croyances änciennes, objecte-t-on, est aussi exagérée que la soumission sans examen : l’homme, et surtout la femme, ne sont pas suffisamment raisonnables et prévoyants pour se contenter de codes rationnels de conduite. Les principes abstraits procurent moins largement l’assentiment que : Dieu le veut. — Mais l’obéissance pourrait être obtenue par d’autres sentiments et suggestions. Quant à la détermination du devoir, la tradition, l'intelligence des sages et des chefs, la conscience de tous, y pourvoient aussi bien que les dieux, qui n’étaient au fond que leurs porte-parole. Il est même arrivé que les hommes ont imaginé des dieux au moins aussi mauvais qu’eux-mêmes : les déités primitives, selon un témoin non prévenu (Lyall), patronnent le bien ( presque aussi souvent que le mal » ‘. En leur nom, les chefs religieux se croient tout permis. Le moindre mal qui arrive aux doctrines et préceptes qui sont à la portée d’une élite restreinte, c'est qu’on en perde le sens et la raison pour s’y soumettre par pure docilité, et qu’ils dégénèrent, dans le vulgaire, en croyances superstitieuses et en pratiques rituelles. Les prêtres, comme les gouvernants, ne sont supportés et n’obtiennent d'autorité qu’à la condition de conniver dans une certaine mesure avec des mœurs injustes » ?. Par l’effet d’une tendance presque fatale, la conservation de la foi, la préservation des intérêts liés au culte, deviennent prédominantes par rapport au souci de la morale. En même temps qu’on devient plus complaisant envers ses propres faiblesses, parce qu’elles ont peu de poids auprès de la possession de la vérité surnaturelle et sont rachetables par la contrition et la péni-

l’existence. » Aucun changement sans mot d'ordre de la théologie : les dieux patentent les inventions, même en morale, et doivent « figurer sur le prospectus ». Mais dans l’Inde, la morale, encore unie à la religion, aurait tort de « repousser l’échelle qui a facilité son ascension », — Bagehot, Dév. des nations, p. 62 : Les religions ont sanctionné les usages fixes, mais au détriment du progrès : le fidèle tremblant eût tué l’innovateur.

{. Lubbock, Or. de civ., p. 398, 395, et H. préh., p. 412 : aux îles Viti, les dieux s'appellent : querelleur, bretteur..; ailleurs les indigènes ne reculent pas devant le meurtre, parce que « cela ne peut arriver sans l’agrément des dieux ». — Duprat, Mor., p. 15 : Mgr d’Hulst, Guibert et le Cal Bourret reconnaissent que les pratiques religieuses s’accommodent d’une immoralité foncière. — Fouillée, b., p. 2.

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