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LE DROIT ET LA CONTRAINTE

Loin de nous le dessein de nier, en cette analyse de concepts, la raison d’être ou l’importance pratique de la contrainte et de contester que la force soit nécessaire au droit : sans elle, il serait assurément peu garanti, sinon transformé en un jeu « dérisoire » de devoirs impunément transgressibles. Mais l’élément subjectif exerce une action réelle et indispensable (infra: Nature).

Efficace, il l’est même chez des populations que nous jugeons peu avancées. On cite des héros du Mahabarata, du Ramayana, qui se livrent au bien sans aucun espoir de récompense. Les Chinois selon Confucius, les Tahitiens d’après Cook, considèrent qu’ils se doivent à eux-mêmes d’être vertueux et de s’abstenir de ce qu’ils condamneraient de la part d’autrui !. L’affirmation du devoir et du droit engendre des idéaux théoriques et des actes conformes en dehors de toute considération d’une contrainte possible. [l en est ainsi non seulement dans le domaine moral, mais sur le terrain juridique, ou maintes conventions, dont on ne pourrait exiger l’accomplissement, sont exécutées vo lontairement. Outre qu’ils poussent à obéir spontanément à l'idéal, les sentiments éthiques font réagir contre sa violation et ils en garantissent l’exécution en maintenant la discipline parmi les corps chargés de cette fonction. Si l’idée ne supplée pas à la force, elle lui imprime une direction parfois différente de celle qui aurait été suivie sans son intervention. Le droit est donc loin de se ramener à une combinaison de forces.

L’idée de droit exerce bien une contrainte sur celui à qui elle s'impose, mais cette contrainte est interne et ne dépend pas moins des dispositions du sujet passif que de la puissance du sujet actif ?. La confusion s’explique : la permission de coercition qui accompagne la faculté juridique est prise pour constitutive, tandis qu’au fond elle

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