Edmond Picard, Le droit pur, p
2. Boudant, Le droit individuel et l'Élut (ch. I) ; J. Charmont, La renaissance du droit naturel.
3. Cf. Rousseau : « Cj qui est bien et conforme à l'ordre est tel par la nature des choses et indépendamment des conventions humaines... Il estune justice universelle émanée de la raison seule ^{Contrat social, L.Il, Ch. VI, De la loi). Montesquieu :«Soutenirque le droit n'existe pas avant la loi, c'est prétendre qu'avant qu'on eût tracé le cercle, tous les rayons n'étaient pas égaux (L'Esprit des Lois. L. I, Ch. 1).
législative et la mission qu'a l'histoire du droit de nous taire sentir et comprendre cet élan vers le mieux et par conséquent la nature spéciale du phénomène juridique est la plus importante qu'elle a (1).
On peut donc dire que le phénomène juridique, c'est-à-dire l'objet de l'étude du droit, est un phénomène rationnel. Celaneveutpasdirequ'ilestdenature idéale en ce sens qu'il consisterait dans l'imagination d'instilutions juridiques ayant atteintle terme tinal de l'évolution dans une société parfaite. Une science ayant, cet objet est une utopie, que certains penseurs dans le passé ont cherché naïvement et vainement à réaliser. Le fait juridique change à chaque étape de l'évolulion sociale. Il est multiple comme les rapports sociaux et se trouve dans les conceptions qu'on peut se faire, à chaque moment de l'histoire, de certaines relations purement rationnelles. Ces conceptions se sont forcément reflétées dans les législations de chaque époque.
Dans ces conditions peut-on encore se demander où se trouve le phénomène juridique dans l'espace ? Evidemment non; on ne doit se demander qu'à propos de quels phénomènes matériels, psychologiques ou sociaux il peut se produire. Une vérité purement logique n'a pas de résidence, pas même dans notre cerveau. Nous pouvons dire que grâce à notre cer-