Kant, Critique, passim, ci Esthétique transcendantale
même : la couleur en tant que couleur, le son, la sensation d'odorat, de goût, de tact, la sensation organique, etc. Ellecorrespond au point de vue proprement psychologique. La seconde, c'est la quantité pure, c'est-à-dire le temps et l'espace, la forme avec ses trois dimensions et la durée dans laquelle tout phénomène apparaît comme existant. Elle correspond au point de vue logique. Quand nous percevons un objet matériel, nous en recevons d'abord par les sens un genre de sensations, celles de ses couleurs par exemple ; un travail de l'esprit s'opère alors instantanément et, peut-être par association, on infère que tous les autres genres de sensations sont possibles, sinon actuels. Dans le cas où nous avons vu des couleurs, nous demandons à toucher, par exemple, ou du moins, nous savons que nous pourrions au besoin avoir non seulement une sensation visuelle, mais aussi une sensation tactile, auditive, etc. Ce n'est que la possibilité de plusieurs genres de sensations qui distingue la connaissance vraie de l'illusion. Mais une fois que cette possibilité est établie psychologiquement, notre logique entre en jeu : nous déduisons qu'il y a un objet réel et nous le localisons dans l'espace et dans le temps en interprétant les données intuitives. C'est ainsi qu'en combinant par exemple les sensations tactiles et organiques avec les sensations visuelles que nous donne un objet, nous lui attribuons une forme, une figure spatiale.
Mais il est facile de constater que cette forme n'est donnée dans aucune des sensations prises séparément ; elle s'ajoute comme quelque chose de nouveau (1) et de logique, produit d'un raisonnement, à leur ensemble psychologique. Comment s'ajoute-t-elle ? En déterminant un « idéal de connaissance ». Ainsi, par exemple, uue ligne, dans la nature, ne sera jamais simple, droite ou courbe régulière. Nous pouvons au contraire la décomposer à l'infini en lignes de plus en plus petites : tout dépend de la puissance des instruments optiques d'agrandissement que nous pourrions posséder. Ce qu'on peut donc supposer c'est que l'élément formel de la connaissance sensible ne peut être qu'un produit de notre raison et non pas un produit de l'expérience passive que nous avons des objets que nous observons. Il apparaît à l'occasion de cette expérience (2), mais cette dernière n'en est pas la source naturelle. En d'autres termes l'élément formel, tel que nous l'avons décrit est logiquement a priori (3) ; il est en même temps un produit pur de notre activité logique (4). La forme ne peut en
1. Wuntlt (Psychologie) a vu qu'il y a là quelque chose de nouveau et il parle d'une synthèse chimique, d'un chimisme mental. Mais on n'a pas encore suffisamment remarqué que c'est un clément lo/jique
Cf. H. Cohen, Logil,.