‹ Le fondement du phénomène juridiqueChapitre 3 sur 74 · F. Maivrescu, Logica (Bucarest · texte numérisé non relu

F. Maivrescu, Logica (Bucarest

Ions successifs d'abstraction, le savant arrive de cette manière à des idées de plus en plus générales, cherchant à atteindre l'idée la plus générale possible. Ce travail se fonde sur l'induction et c'est ce qui explique le crédit justifié dont jouit en matière scientifique la méthode expérimentale. Mais ce travail qui a pour mission la prévision va nécessairement de pair avec un « appauvrissement » du contenu réel et connu des notions, selon l'expression d'un des plus profonds penseurs de nos jours (1). Il est donc assez naturel que la pensée humaine s'exerce aussi à un travail inverse. Au lieu d'essayer de remonter des connaissances sensibles par degrés successifs vers des notions de plus en plus vides de contenu, elle peut, dans un autre sens, descendre de ces mêmes connaissances sensibles vers des données de plus en plus concrètes et chargées de compréhension. C'est l'œuvre de la philosophie. Elle cherche par conséquent à saisir dans un but désintéressé ce qu'il y a

de réel dans les phénomènes.

* 3. — Pendant longtemps la philosophiea cru devoir

poser de cette manière, derrière les connaissances sensibles et leur servant pour ainsi dire de support, une réalité non seulement distincte d'elles, mais même différente par nature. Celte tendance s'est manifestée dans la philosophie kantienne, par exemple,

Page 1