Cf. Cohen, Développements sur le Ursprùng iLogik
Cette réalité unique qui est l'acte logique ne peut être qu'un élément a priori de la connaissance, car elle est un acte de l'esprit et non un élément donné extérieurement. Ce ne peut être qu'un élément idéal, une pure limite comprise, mais irréalisable à tout jamais. Pour l'idée du monde cela est évident par définition (1).
Pour l'espace et par conséquent de même pour le temps et la causalité nous n'aurons qu'à remarquer comment toute réalité spatiale suppose l'infini (2). Une ligne réelle peut se décomposer indéfiniment en petites lignes brisées. Il n'y a pas de courbe qui ne soit limite par rapport à des droites. Seul le calcul infinitésimal rend compte de la réalité objective. De toute façon l'acte logique, par le fait même qu'il est logique, représente la direction de la tendance qui se manifeste dans la réalité, et qui ne peut jamais se réaliser complètement. Les éléments premiers de notre raison, ceux qui font possible la connaissance universelle, nécessaire et par conséquent scientifique, se réduisent donc à une seule réalité idéale et non réelle. Ce ne sont que des conditions logiques de toute connaissance exacte, ce ne sont pas des objets de connaissance, c'est-à-dire des choses.