‹ Le fondement du phénomène juridiqueChapitre 58 sur 74 · Korkounov, op. cit., p · texte numérisé non relu

Korkounov, op. cit., p

core quelques observations. La contrainte s'appliquant seulement aux manifestations matérielles de la personnalité, on peut dire qu'elle est en général matérielle. Mais l'affirmer comme une vérité de principe serait méconnaître le caractère moral de l'essence du droit. C'est la réprobation subjective de droit et non de fait, acte libre et de raison, que la sanction matérielle cache derrière elle et qui constitue la source logique de la contrainte en elle-même. Si, d'un autre côté, le droit a pour objet des faits négatifs, on peut encore dire avec certains jurisconsultes que la contrainte juridique est purement défensive. On a fait aussi remarquer que la contrainte est en réalité un obstacle à la liberté et que par conséquent cette dernière ne pourrait être le principe universel et nécessaire de tout le droit. Mais rappelonsnous que le droit est essentiellement rationnel, que la liberté doit se définir par la raison, et nous comprendrons qu'il n'y a pas, du point de vue juridique, ainsi qu'on a pu le dire, « le moi, libre et la règle qui le contraint » (1) : l'opposition entre ces deux termes ne peut exister, il n'y a pas dans le droit de limitation de la liberté, mais au contraire une garantie efficace pour que la liberté même puisse se déployer. C'est en ce sens que Kant s'exprime lorsqu'il affirme que la contrainte juste « sert à écarter un obstacle

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