Girard, Dr. romain, chapitre préliminaire
droit d'aujourd'hui présente eneore un caractère marqué scolastique (1). A la place des procédés naturels pour la recherche des vérités juridiques rationnelles, l'interprétation met en effet des méthodes déductives en prenant pour base le texte des lois ou jurisprudences constituées. De là une minutie d'argumentation, une importance trop grande accordée à des problèmes particuliers et qui va de pair avec un certain laisser aller dans la constitution des principes généraux, un amour entin exagéré de l'autorité. Les traités de droit sont pleins d'énumérations ou classitications d'espèces qui souvent manquent d'un point de vue logique clairement établi ou qui sont inutiles, sinon comme exemples, à la compréhension des vérités du droit (2). Les distinctions abondent assez souvent là où l'on devrait rechercher avant tout l'unité : le droit qui est une science morale, à la différence des sciences de la nature, doit en effet plus que celles-ci, à propos des faits concrets, chercher à dégager l'idée générale qui les lie. Il n'y a pas de science aujourd'hui entin, où l'on puisse trouver la tyrannie de l'aurité aussi fortement constituée qu'elle l'est dans le droit sous prétexte de jurisprudence. Et ceci porte l'esprit du savant à discuter, même dans la doctrine,