‹ Le fondement du phénomène juridiqueChapitre 7 sur 74 · Picard, Droit pur. \>. i6i · texte numérisé non relu

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2. Cf. M. Planiol, Traité élémentaire de droit civil, tome I, Préface in fine.

en faisant sans cesse appel à l'opinion de ceux qui se sont occupés avec succès des mêmes questions. De là aussi une importance peut-être exagérée attribuée à l'érudition.

11. — Dans le cas où tout ce faisceau d'observations serait exact, on pourrait se demander si la cause de ce mal ne réside pas aussi dans l'organisation des Facultés de Droit, à moins qu'on ne trouve là encore un des effets de la tendance que nous avons notée plu* haut. L'esprit de l'enseignement universitaire du droit va en effet. vers ses applications pratiques. L'organisation des grandes écoles est plutôt faite en vue de la création de praticiens et non d'hommes de science ; le résultat est le plus souvent que les étudiants ne sont pas suffisamment préparés à leur sortie de l'école pour entreprendre un travail de science pure et ne sont pas armés non plus pour commencer une carrière pratique. On a dit, et nous croyons que c'est avec raison, que la mission des Facultés ne peut être de donner les connaissances nécessaires pour la pratique d'une carrière, comme elle n'est pas non plus de créer des savants spécialistes.

L'enseignement doit avant tout chercher à provoquer l'esprit scientifique, en l'espèce l'esprit juridique, ce qui d'ailleurs est une tâche plus délicate. La connaissance des problèmes spéciaux, d'une science, ne sert à rien sans cette préparation générale et en quelque sorte formelle ; l'esprit au contraire une fois

formé par une gymnastique spéciale intellectuelle e t par la réflexion spontanée sur les principes, l'étudiant sortant de la Faculté saura devenir avec succès par la suitesoit un homme de science théorique, soit un praticien dans la carrière du droit. A ce propos il nous semble qu'on doit regretter qu'il n'existe pas en ce moment à la Faculté de Droit de Paris, qui est un foyer vivant d'instruction juridique non seulement pour la France, mais pour beaucoup d'autres pays, un cours spécial de Philosophie du Droit. Il ne pourrait avoir qu'une influence bienfaisante sur la science du droit contemporaine, en la faisant sortir de l'isolement scientifique où elle se trouve et en la dirigeant, peut-être, vers des préoccupations plus désintéressées où l'influence pressante des besoins pratiques trouve une place plus restreinte. Car c'est dans ce sens encore que la Philosophie du Droit peut être utile.

Pour résumer enfin en un mot l'importance de cette discipline, sur laquelle nous nous permettons d'attirer ici le regard un peu plus attentif des jurisconsultes, on pourrait dire qu'elle apprend à aimer et à rechercher la vérité en dehors de toute autre considération qui lui soit étrangère.

Qu'on nous laisse ainsi finir notre introduction en faisant appei à la pensée d'un des plus grands hommes de science exacte que ies temps modernes aient connus, nous voulons parler de Henri Poin-

caré : la seule tin qui soit digne de notre activité, dilil('l), est larecherche de la vérité ; sans doute nous devons d'abord nous efforcer de soulager les soull'rances humaines, mais pourquoi ? Ne pas souffrir c'est un idéal négatif, et qui serait plus sûrement atteint par l'anéantissement du monde.

I. V. Revue îles Deux-Mondes, \b septembre; 1912. Cb. Nordmunn,

Henri Poinaré, son (puvre scientifique, sa philosophie (p. .'Mai.

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