AMOUR SACRE
Le lendemain, dès l'aube, quelques francs-tireurs égarés passèrent, cherchant à gagner Nogent-le-Rotrou par la traverse.
Châteaudun leur avait été enlevé après deux combats successifs ; ils avaient évacué la ville en flammes avec ordre de se replier sur Brou ; quelques-uns s'étaient perdus dans la nuit. On leur donnait à manger et ils passaient outre. Plusieurs avaient peur de se faire remarquer en les accueillant. On leur conseillait de repartir bien vite.
Toute la nuit les habitants s'étaient rassemblés sur les crêtes, pour contempler au fond de l'horizon l'énorme incendie d'une ville.
A huit heures du matin des carrioles passèrent
au galop des juments de ferme dans le chemin \icinal qui longe Saint-Agut. On y voyait des entassements de femmes, de volailles, de boîtes en carton ; d'aucuns tenaient une pendule et son globe sur leurs genoux, parant les cahots avec leurs coudes. Le conducteur, assis sur le bord extérieur de l'avant-lrain , un pied sur chaque brancard, imprimait des saccades au mors. Les enfants, mal réveillés, pleuraient dans le fond et des voix effarées perçaient par mstants, à travers le bruit de ferraille :
— Les Prussiens î les Prussiens !
Tout le monde s'enferma. Un homme, qui avait sur le manteau de sa cheminée un pistolet hors d'usage, alla l'enterrer dans son jardin.
— Viens, dit Jean au Petit Parisien. Personne ne travaille, je me sens tout chose.
Il accrocha sa serpe en sautoir et prit le couvert.
La forêt était triste. Au fond d'une jeune coupe un parc improvisé, entouré de limandes, contenait les vaches des riverains. Des femmes pleuraient autour, accroupies et les bras ballants.
Pas un être vivant dans les lignes.
L'enfant, sous le coup d'un religieux étonne-
raent, écoutait et regardait sans faire de questions. Renaud étudiait le terrain, avec son invincible habitude de chercheur d'empreintes.
A la Croix-Chemins, pas une trace de roues, pas un pied de cheval ; les marques de souliers avaient toutes été battues par la rosée.
— Bon, sedit-il;ren n'est parti et ren n'est venu.
Fixé de ce côté, il voulut rendre visite à la Volige et pénétra dans le grand bois, suivi de son compagnon.
Le soleil d'automne s'élevait aans un ciel mélancolique. Les navets du diable, enroulés autour des jeunes troncs, laissaient retomber dans le vide leurs grappes de baies pourpres.
Le silence, le repos, toute cette majesté sereine témoignaient de l'impassibilité de la nature deant les fureurs des hommes. Renaud, incapable de définir ce contraste, fut remué par une profonde sensation, à laquelle les scènes violentes de la veille l'avaient prédisposé. Il vit sa chère futaie toujours calme et caressante, même en sa tristesse, baignant son front de la même fraîcheur parfumée. La main du grimpeur s'arrêta, voluptueuse, sur le plus beau des hêtres, et il sourit.
318 LE f OUEST 1ER
Henriette l'avait appelé le Roi de la mtaie. Eh bien, oui ; nul n'était roi que lui dans cette solitude. Le vent lui parlait mieux qu'aux autres; c'est sur son passage que se courbaient les branches, tendant leurs feuilles à baiser ; le fauve, qui reposait là-bas sur son liteau de bruyère, devait la vie à son droit de grâce... 11 jeta les yeux tout en haut dans les cimes, et se souvint que lui seul, 'la serpe brandie, pouvait désarmer ces géants... Et la grande futaie, qu'elle fût parée de bourgeons tendres ou drapée dans le suaire de givre, n'avait jamais de secrets pour lui. 11 murmura :
— Ah ! que j'aime mon bois !
Et il se serra contre le tronc, flairant l'écorce; son corps fut agité d'un chaud frisson.
Puis, tout à coup, une idée épouvantable lui traversa l'esprit, rapide comme la flècbe, aiguë comme elle: ces hommes qui venaient de loin et qui mettaient le feu avec des canons, n'allaientils pas entrer dans les Chemins-Verts et prendre ses arbres à brassée?
Si ces gens-là appuyaient leurs têtes sur le flanc de ses chênes?...
— Ah ! je ne veux pas, je ne veux pas ! s'écriat-il avec un sombre emportement,
Tout son être frémit, ses tempes battirent. Use sentit au cœur comme des morsures. Un sentiment tout nouveau le déchirait : la jalousie. Il songeait que sa forêt pouvait être possédée par d'autres; que les bûcherons, les fougères, les chevaux de somme et les nids d'oiseaux, tout ce qui était la vie du bois, disparaîtraient peut-être dans un tapage horrible comme celui de Châteaudun; que ses charmes de deux cents ans seraient éventrés par des inconnus; et que ces inconnus, au mystérieux langage, riraient de voir couler la sève!
A cette pensée, il se comprimait la poitrine avec ses ongles et répétait d'une voix effrayante :
— Non, je ne veux pas !
Renaud ignorait la conception grandiose de la patrie; mais sa forêt, il la voyait, la touchait. Les arbres, le sol, l'horizon, la cabane natale, voilà pour lui la chose sacrée; et un formidable accès de colère le transporta lorsque jette jalousie soudaine lui eut représenté l'affront, la souillure, le rapt. Il dit sourdement à Jacques:
— Moi vivant, les hommes du Haut-Pays n'entreront pas dans la forêt.
L'enfant considérait avec stupeur ces traits
320 LE FOUESÏIER
décomposés, ces mains agitées d'un tremblemenl convulsif.
— Qu'as-lu, mon Jean? lui demanda-t-il d'un ton craintif.
— Ce que j'ai? Accours, tu vas voir.
Ils arrivèrent tout d'une haleine à la chaumière. Le forestier décrocha son fusil et le chargea à balles. Glissant sa poire à poudre dans sa poche et regagnant le seuil :
— Regarde les Chemins-Verts. Ça, c'est chez nous. Les étrangers ne toucheront pas à mes arbres.
Le petit garçon murmurait, les mains jointes:
— Hélas ! il est peut-être fou comme la Chauvin !
Et l'autre allait si vite que Tenfant, paralysé par la peur, ne pouvait le suivre.
Le fils de la Dreuse mit Torphelin sur son dos et dévala par le gaulis.
— Holà, qui frappe ?
— Ouvrez, gens du Plantis; c'est Renaud l'Affût.
— Va-t-en, on n'a que faire de toi ici,
— C'est Renaud l'Affût qui amène le nourrisson de Mélanie à la demoiselle.
Henriette l'entendit, car il parlait d'une voix Je maître, et malgré son père tira le verrou.
— Gardez avec vous l'enfant, la bonne demoiselle. J'ai une longue route à faire; ses pieds saigneraient à me suivre.
— Jean, Jean, où allez-vous ainsi, votre fusil sur Tépaule ?
— Puisque votre père, le garde Marcel, se cache avec les femmes, j'irai, moi, garder la forêt !
Il étreignit Jacques dans ses bras et disparut en bondissant.
Le braconnier suivit la rive du bois, du côté de l'arrivée de Beauce. Advenu au carrefour du Saut-de-Loup, il aperçut un homme près de la croix et s'approcha obliquement.
C'était son père-grand, à genoux. Le vieux soldat n'avait pu combattre, le chrétien priait. Et il priait tout haut, comme dans les anciens temps ; et il regardait le soleil avec tristesse, semblant lui reprocher d'avoir paru ce jour-là.
— Seigneur, disait-il d'une voix haletante, pourquoi m'avoir laissé sur terre si longtemps ? A ne pas voir ce que je vois, j'aurais mieux dormi dans ma bière. J'ai vu les Prussiens passer dans mon sentier de jeunesse, et je meurs de cette
honte-là. Faites que les jeunes aussi en aient honte, et que leurs petits s'en souviennent! Les hommes d'aujourd'hui aiment trop leur argent et leurs aises; que ceux qui viendront plus tard apprennentàmieux connaître leur devoir, etdans le fond de sa tombe le vieux de la forêt se réjouira !
Le grimpeur se glissa jusqu'auprès de l'aïeul qui tenait embrassé le pied de la croix.
Le vétéran, plongé dans une sorte d'extase, se parlait à lui-même d'une voix affaiblie :
— Il fallait... tous, tous... la France.,.
— Père, vous parlez de la France? C'est la forêt, dites? la forêt de nous et des autres?
— La forêt de partout, la. patrie.
— Allons, père, voilà que je vous comprends, à cette heure.
Il se redressa, ôta son chapeau et agita en l'air son fusil avec une simplicité solennelle :
— Eh bien, je défendrai la patrie, moi, car je veux défendre ma forêt !
— Mon fils, tu es tout seul !
— Non, car j'ai avec moi mon flingot.
— Où cours-tu? Les premiers sont déjà passés.
— Alors la poudre va parler et ils ne repasseront point.
— Ils sont passés, gagnant la ligne des Renardières. J'ai levé mon bâton sur le premier, en criant : léna. Mais il m'a renversé du poitrail de son cheval : j'ai quatre-vingts ans !
— Or donc, père de mon père, prêtez l'oreille. Avant qu'il soit une heure, le fusil que voilà aura fait siffler ses deux balles pour la vengeance des Chemins-Yerts.
Le jeune homme avait quelque chose de terrible, franchissant le talus et s'enfonçant dans le hallier avec ses déhanchements bizarres. Les branches rebondissaient sur son passage, les feuilles grinçaient au frôlement de son corps, l'eau brunâtre des flaques jaillissait derrière lui sur les écorces.
Il perçait en ligne droite, sûr d'arriver le premier au pied des buttes; il n'avait jamais permis aux sangliers de le distancer.
— Allons, plus vite, plus vite encore... Les forêts sont faites pour les forestiers, et les hommes qui viennent de loin pour s'asseoir sur ma mousse resteront couchés dans la tombe !
Le roi de la futaie gagna le bord du chemin, dans le bas-fond, en avant d'un coude. Le gazon était vierge d'empreintes humaines. Alors il re-
garda devant lui; c'est par là qu'ils allaient venir. Du mamelon jusqu'à lui, pas un détour, pas un pli de terrain. D'épais fourrés encaissaient la pente. 11 choisit un massif de jeunes sapins, s'embusqua par derrière, à genoux; s'assura que ses amorces étaient sèches et attendit.
Une buse rôdaitau-dessus des arbres, décrivant ses cercles louches ; plus haut encore passèrent des oies sauvages, maigres voyageuses qu'octobre envoie des pays désolés vers la France. L'oiseau de proie et l'oiseau des invasions lointaines ouvraient à la fois leurs ailes au-dessus des Chemins- Verts.
Tout à coup Renaud frissonna. De grandes ombres s'allongeaient sur la butte, noires silhouettes se détachant sur le bleu du ciel comme des cyprès dans un cimetière. Ces étranges découpures se fondirent insensiblement pour se mouvoir, plus confuses, sur le sombre gazon de la hgne. Trois cavaliers descendaient la côte au pas. Ils s'arrêtaient, écoutaient, se dressaient tout droit sur leurs étriers et reprenaient leur marcheprudente.
Le grimpeur serra convulsivement sa bonne arme dans ses deux mains et se ramassa sur luimême.
LE FOUESTIER 325
Les cavaliers, Irsqu'ilos atteignirent le val encaissé, pressèrent leurs montures et leurs dos se voûtèrent ; mais, au moment d'atteindre l'angle, ils firent halte et tendirent l'oreille.
Jean les tenait sous le fusil, à vingt pas. A ce moment quelque chose dominait sa haine, imposait silence à sa jalousie : la curiosité. Il se repaissait du spectacle extraordinaire. Le plus rapproché de ces étrangers avait placé son cheval en travers et regardait du côté des buttes. Arrêté près du fossé, il masquait en partie le troisième. Mais le second, posté au milieu du chemin, se présentait de face : c'est celui-ci que le grimpeur examinait avec une intense avidité.
Cet être portait pour coiffure une boule en cuir que le soleil faisait miroiter. Une tige pointue en couronnait le sommet ; Renaud se souvint d'avoir vu des ruches ainsi faites. Par-dessous on découvrait des yeux ternes et une barbe clairsemée tirant sur le roux. Un manteau de couleur sombre enveloppait le corps, retombait jusqu'aux bottes et s'étalait sur la croupière. Sur la hanche du cheval pendait une carabine, le crosse en haut. Une dinde fraîchement tuée flottait de l'autre côté au bout d'une courte lanière. Un pli du man-
teau était retroussé légèrement par le pommeau d'un sabre, et dans rentre-bâillement on voyait luire la plaque d'un ceinturon.
Le cheval avait la tète lourde, le nez busqué, les jambes arquées. Son bridon, noué au ras de la crinière, frottait comme une scie à chaque mouvement. Le cavalier se pencha pour vérifier l'état de ses sangles, et le braconnier lui vit sous le bras une bouteille à moitié vide.
Ces gens-là se parlaient, tout en regardant de côté et d'autre, mais dans une langue inconnue.
Jean Renaud, à force d*être étonné, finissait par trouver étranges les moindres détails. Ces hommes étaient trop peu semblables à ceux qu'il avait coutume de voir pour ne pas appartenir à une autre espèce. Une stupeur maladive l'enchaînait.
Ce fut le plus vulgaire incident qui le rappela à la réalité. Le cavalier toussa. L'Affût sortit aussitôt de son hébétement.
— Il tousse comme nous ; c'est un homme pareil à nous.
Immédiatement le sens actif se réveilla chez lui. Il n'aperçut plus dans ce porteur de carabine que l'envahisseur sacrilège et le coucha enjoué.
Mais son doigt tremblant ne put envelopper la
<»achelte; il hésitait comme naguère devant Besnardeau.
— Ça me coûte de tuer du monde ! Ah î que c'est dur de tirer sur un homme !
De grosses gouttes de sueur perlaient sur son front. Il garda l'arme à l'épaule et releva un peu la tête, se disant :
— Tire donc.
Et se répondant :
— Je ne peux !
Les cavaliers s'étaient reformés et marchaient ensemble au petit pas pour aborder le détour. Leur groupe rasait à cet instant les sapins. Jean en ajusta un second , avec l'espoir qu'en changeant de cible il allait retrouver du courage.
Soudain son œil devint hagard, sa respiration s'arrêta : il tenait au bout de son point de mire le montreur-de-faire-voir, celui qui coupait l'écorce des arbres en rôdant à minuit, celui qui avait enlevé sa mère !
Le maudit, le maudit, il est revenu encore une fois ! Et voyez-le : un mauvais sourire plisse ses lèvres ; celui-là, c'est l'homme de malheur !
Ah ! comme Renaud le reconnut bien !
— Faut que je lui parle, pensa-t-il.
Il visa posément le cheval du bateleur au délau . ae l'épaule et tira. Jamais le forestier ne manquait son coup ; la monture s'abattit. Les deux éclaireurs restés en selle n'essayèrent pas de porter la main à leurs armes; ils firent brusquement volte-face et donnèrent de l'éperon.
Le braconnier bondit jusqu'au talus, attendit qu'ils défilassent par le travers sous son fusil. Le canon gauche du flingot était mauvais, il ne s'en servait volontiers qu'à bout portant. Celui qui rasait le fossé reçut la balle en plein corps. Il glissa peu à peu et demeura pendu, un pied dans rétrier et la tête rebondissante; puis le cheval lança une ruade et l'on ne vit plus qu'un bout de manteau collé, rigide, entre deux touffes de fourgonnières, sur le bas côté de la ligne.
Renaud avait jeté son fusil et sauté dans le chemin. Il courut vers l'espion qui, d'abord engagé sous sa monture, avait fini par se remettre sur pied. Tous deux se regardèrent fixement.
— Ah! te voilà? Et la Dreuse, qu'en as-tu fait? Je suis franc, moi; j'ai voulu que tu le défendes. Tu aimais trop les Chemins-Verts, coureur! tu ne les quitteras plus qu'au jour du Jugement.
En ffarde I
11 décrocha sa serpe et se rua sur l'être mysté rieux.
Celui-ci essaya de se glisser sous bois ; mais, serré de trop près, il dégaina et déchargea un coup de sabre dans le vide. Avant qu'il ait pu relever le bras, Renaud, l'œil flamboyant, l'embrassait et lui fendait le crâne.
Il revint lentement aux sapins et chargea son fusil.
— En voilà deux, dit-il; je n'ai pas fini, mais celui-là était le meilleur.
Le sang de l'espion avait jailli sur son visage. 11 trouva que ces taches chaudes le brûlaient et se lava à l'eau du fossé.
— Le troisième ne reviendra pas, il courait trop bien, ^taisje peux encore arriver avant lui à la ligne de Saint-Agut.
De ce côté l'invasion était accomplie. Un gros d'Allemands occupait le carrefour, commandant du même coup la route et le village. Renaud poussa un cri de fureur en arrivant : devant lui, au milieu de sa forêt, des hommes avec le fer dans les mains, en maîtres! Il s'avança, invisible, sous l'épais taillis, et quand la distance lui parut bonne, fit feu. Après quoi il se laissa
tomber derrière une cépée ei rechargea son arme.
De nombreux .coups de fusil répondirent au sien ; une branche fut coupée au-dessus de sa tète; une autre siffla près de son oreille et s'aplatit sourdement sur un vieil érable. Le sang montait à la tête du chasseur; il se sentait ivre comme un charbonnier qui a fait le lundi. Après avoir tiré de nouveau, la fantaisie le prit de traverser la hgne pour tirailler un peu dans l'autre fourré.
Il passa sans se presser, agitant son arme audessus sa tète : une décharge générale l'accueiHit; des brins d'herbe volèrent autour de ses pieds, sa blouse fut trouée en trois endroits. Voulant rire un peu, le braconnier se laissa choir, la face contre terre. Le feu cessa aussitôt. Alors il se releva, tira, [fit un bond prodigieux et retomba dans la coupe opposée.
Calé contre un gros arbre, à l'abri des balles ^ il considéra tranquillement les hommes au bonnet à pointe qui se groupaient en cercle, et au milieu un blondin soutenu par les épaules et dont les jambes traînaient.
Des soldats allemands furent lancés pour fouil-
1er le bois, mais Jean était insaisissable. N'ayant plus guère de poudre, il ne tirait que de loin en loin, aux clairières, et se contentait de tourner dans son enceinte, tel qu'un vieux renard devant des bassets.
On cessa de le poursuivre : une grande rumeur s'éleva dans le lointain ; puisla forêt retomba dans son solennel silence.
L'homme des Ghemins-Verts contempla passionnément sa futaie vengée. Sa sentant un peu las, il s'assit et s*essuya le front. Sa serpe portait au coupant une frange de sang caillé ; le gars la frotta sur la mousse. Une main posée sur son cœur pour en comprimer les battements, il aspira le bon air el ne bougea plus. Une voix intérieure lui murmurait sans cesse :
— Tu as tué des hommes, tu as tué des hommes.