‹ Le forgeron. Drame-vaudeville en un acteChapitre 15 sur 19 · SCENE XIX · texte numérisé non relu

SCENE XIX

ROBERT, BAF/niASAR.

ROBERT. Ce cher Balthasar !.. \a-t-il ("tre surpris!

BALTHASAR, Sans toir Robert ^ cl allant s'asseoir prés de la tw 6/«. Impossible de rejoindre Marcel... j'ai eu beau guetter son retour... il faut qu il ait pris un autre chemin; mais n'importe . j'éclaircirai ce my>tère, et malheur à elle si elle est coupable.

11 frappe fortement sur la table.

ROBERT, à part. Diable! il paraît que nous avons de l'humeur... Est-ce que par hasard on lui aurait refusé mon congé de réforme. (Haut.) Eh bien! mon yieux...

BALTHASAR, se levant brusquement. Encore lui! ah ! c'en est trop , et je suis sûr que cette lettre

ROBERT. Dis donc, Balthasar.

BALTHASAR, brusquement. Eh bien î quoi.^ que voulez-vous?

ROCERT, étonné. Ah ça! qu'est-ce qu'il lui prend donc?., sur queiis herbe a-t-il marché?. . vous! à moi!.. Balthasar, est-ce que lu deviens fou ?

BALTHASAR. Fou!.. fou !.. oh ! oui , maintenant que j'ouvre enfin les yeux, maintenant que j'y vois clair et qu'on ne peut plus impunément se moquer moi, je suis fou, n'est-ce pas?... tant que j'ai souffert qu'on me trompât, qu'on abusât de mon amitié, de ma confiance, j'étais un bon enfant... mais à présent... à présent, Robert, je ne suis plus votre dupe, et vous n'êtes qu'un infâme.

ROBERT. Hein?.. Balthasar, mon ami.

BALTHASAR. Votre ami!., oui, je le fus en effet, franchement, comme un honnête homme, et quand ce matin même je m'occupais de votre avenir, vous qui veniez de me serrer la main , vous me récompensiez par la plus noire des trahisons.

ROBERT. Balthasar, tu devrais me connaître.

BALTHASAR. Oui, je vous connais maintenant... et c'est pour cela que je vous jette à la face les mots de lâche et de traître.

ROBERT, avec force. Balthasar... oh! prends garde.

BALTHASAR. Pas si haut, si vous ne voulez pas qu'une femme vienne se jeter entre nous pour vous protéger de ses larmes; mais je vous le déclare, j'y serais insensible, et tant que je n'aurai pas vengé- mon honneur...

ROBERT. Mais, bon Dieu , qu'ai-je fait !

BALTHASAR. Ce qu'il a fait, il ose encore le demander... pour que j'étale ma honte à ses yeux, pour que je lui rappelle mou opprobre... mais non... vous serez trompé dans votre attente, et si pour vous décider à défendre votre vie il ne vous faut qu'une insulte.. . eh bien! la voilà.

En même temps il lui arrache s:n-gaDt et le lus jette à la figure.

ROBERT, furieux. Oh! rage!

BALTHASAR. Refuseras-tu maintenant de te battre?

"Si

ROBERT. Balthasar, tu Tas voulu, mais Dieu m'est témoin que j'ignore jusqu'au nom de l'injure dont tu m'accuses.

DALTllASAR. Tu l'apprendra» en recevant de moi le coup de la mort... allons, viens, mais viens donc... qu'attends-tu?..

ROBERT. Des témoins...

BALTHASAR, avec ironie. Ohî c'est juste, on insulte dans l'ombre , mais il faut des témoins pour la réparation... qu'à cela ne tienne... je te laisse... tu peux faire tes adieux à celle qui te doit son déshonneur; ils seront bien tendres, sans doute, mais jet'engagc à ne pas t'y oublier, si tu ne veux pas que je vienne te chercher jusque dans ses bras, pour vous immoler tous deux.

ROBERT. Mais encore une fois...

BALTHASAR. Robert, oublies-tu donc que je viens de t'insuller et peux-tu vivre encore avec un soufllet au visage?

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