PLAN DU HAUT ET BAS DE QUÉBEC EN
a. Fort St-Louis. — b. Grande église. — c. Sénéchaussée — <1. Grand chemin du Cap Rouge. — e Jardin du fort. — f. Mont Carmel. — g. Cimetière. — h. Magasin, — i. Cap au diamant. — j. Moulin. — l. Maisons des particuliers. - — n. Rues. • — o. Place d’armes. - — p. Terre labourable. ■ — g. Coteau Ste-Geneviève.
DOMINATION FRANÇAISE
circonstances, on faisait des décharges de mousqueterie. On sonnait aussi quelquefois la cloche du Fort, placée dans un petit campanile, au nord-ouest du château h
Citons encore la Mère Marie de l’Incarnation :
? Mous allons perdre M. de Tracy, écrivait-elle au mois d’octobre 1667. Le Eoi qui le rappelle en France, a envoyé un grand vaisseau de guerre pour l’amener avec honneur. Cette nouvelle Eglise et tout le pays y fera une perte qui ne peut se dire, car il a fait ici des expéditions qu on n aurait jamais osé entreprendre ni espérer. Dieu a voulu donner cela à la grande piété de son serviteur, qui a gagné tout le monde par ses bonnes œuvres et par les grands exemples de vertu et de religion qu’il a donnés à tout le pays. On l'a vu plus de six heures entières dans 1 église sans en sortir. Son exemple avait tant de force que le monde le suivait comme des enfants suivent leur père. Il a favorisé et soutenu l’Eglise par sa piété et par le crédit qu’il a universellement sur tous les esprits. Fous perdons beaucoup en lui pour notre particulier : c’est le meilleur ami que nous ayons eu depuis que nous sommes en ce pays.”
M. de Courcelles restait heureusement en Canada, ainsi que l’intendant Talon, sous qui, disait encore la Mère de l’Incarnation, “ le pays s’est plus fait et les affaires ont fait plus de progrès qu’elles n’avaient fait depuis que les Français y habitent 1 2.”
1 Voir : Jugements et Délibérations du Conseil souverain, vol. I, page 353 : Ordonnance concernant le paiement de certaine somme pour avoir accommodé la cloche du fort. ”
2 L’attention de Talon s’était portée à tout ce qui pouvait être avantageux pour le Canada. “ La culture du chanvre, dit l’abbé Ferland, était encouragée et réussissait à merveille. On employait l’ortie à faire des toiles fortes ; des métiers établis dans chaque
Mous devons faire mention ici de la visite que reçut le gouverneur-général du fameux chef iroquois Garakonîhié, baptisé et confirmé en 1670 par Monseigneur de Laval, dans l’église paroissiale de Québec. M. de Courcelles en avait été le parrain, et ce fut pour le remercier de cette faveur que le fidèle ami des Français se rendit au Château. “ A son entrée, dit le Père Le Mercier, il se vit salué par la décharge de tous les canons du Fort, et de foute la mousqueterie des soldats, qui étaient disposés en haie pour le recevoir. Pour conclusion de la fête, on lui présenta de quoi régaler pleinement toutes les nations assemblées à Québec, et leur faire un somptueux festin, que M. le Gouverneur avait fait préparer.”
maison des villages, fournissaient du droguet, des étamines, des serges et du drap. Les cuirs du pays suffisaient fi une grande partie de la population. Aussi, après avoir énuméré les progrès de l'agriculture et de l’industrie, Talon annonçait à Colbert, avec une juste satisfaction, qu’il pouvait se vêtir, des pieds à la tête, avec les productions du Canada, et qu’en peu de temps, la colonie, si elle était bien administrée, ne tirerait de l’ancienne France que peu d’objets do première nécessité. ”
Talon s'exprimait ainsi dans une lettre datés du 2 novembre 1671 :
“ Les jeunes gens du Canada se dénouent et se jettent dans les écoles pour les sciences, dans les arts, les métiers, et surtout dans la marine, de sorte que, si cette inclination se nourrit un peu, il y a lieu d'espérer que ce pays deviendra une pépinière de navigateurs, de pêcheurs, de matelots, d’ouvriers, tous ayant naturellement de la disposition il ces emplois. ”
Le célèbre intendant s’était aussi occupé activement de l’exploitation des mines et du commerce d'exportation. Dès l’année 1666, il avait fait envoyer du goudron en France, du poisson, des céréales et du bois aux Antilles.
La première arrivée de Frontenac à Québec. — Eloges et critiques. — MM. Perrot et de Brucy prisonniers au fort. — - Le marquis de Denonville et sa famille. — Notes inédites. — Mauvais état du château. — Le magasin des poudres. — Les Ursulines au château Saint-Louis.
ouïs de bttade, comte de Fallu au et de Frontenac, neu¬
vième gouverneur de la FT ou velle-F rance, arriva à Québec dans les premiers jours de septembre 1672. Le 2 novembre de la même année, il écrivait au ministre : “ Rien ne m’a paru si beau et si magnifique que la situation de la ville de Québec, qui ne pourrait être mieux postée quand elle devrait devenir un jour la capitale d’un grand empire ; mais je trouve qu’on a fait jusques ici, ce me semble, une très grande faute en laissant bâtir les maisons à la fantaisie des particuliers, et sans aucun ordre, parce que, dans les établissements comme ceux-ci, qui peuvent un jour devenir très considérables, on doit, je crois, songer 3ion seulement à l’état présent dans lequel l’on se trouve, mais à celui où les choses peuvent parvenir.”
Si la situation pittoresque de la ville avait séduit l'illustre gouverneur dès le commencement de son premier séjour dans la Nouvelle-France, il en fut tout autrement de la résidence officielle qu’il devait habiter, — le château Sainit-Louis, — qu’il trouva en fort mauvais état, et dont il se plaignit en toute occasion.
Les murs de l’enceinte du fort tombaient aussi en ruines. Le 2 novembre 1681, Frontenac écrit an marquis de SeL gnelav :
“ Le mauvais état où j’ai mandé plusieurs fois qu’était l’enceinte des murailles du château de Québec, m’oblige, Monsieur, à vous supplier de considérer si vous ne jugerez pas à propos de faire quelque dépense pour les rétablir. Elles sont toutes à bas ; il n’y a plus de portes, ni de corps de garde, et e’e.<t un lieu tout ouvert où l’on peut entrer de tous côtés.
“ Si vous aviez agréable de destiner quelques petits fonds ponr cela toutes les années, la dépense en serait imperceptible, et ne laisserait pas dans la suite d’être fort utile, parce qu on le mettrait en état de servir de retraite et d’asile en cas de besoin.
“ 7 ous savez beaucoup mieux que moi que, quand on ne songe pas à ces choses pendant qu’elles se peuvent faire en repos, on y trouve plus de difficultés dans un temps de troubles, de guerre.”
Deux ans après l’arrivée de Frontenac à Québec (1674 ), François-Marie Perrot, gouverneur de Montréal, et l’abbé François de Salignac Fénelon, frère de l’auteur de Télémaque , furent internés, le premier au fort Saint-Louis et le second à la résidence de la “ brasserie,” par les ordres de l’impérieux gouverneur et du Conseil souverain. L’aflaire :se termina en France : M. Perrot reçut quelques jours de Pastille ; 1 abbé de Fénelon reçut instruction de
DOMINATION FRANÇAISE
Plan du For t 'St Louis de Québec