‹ Le fort et le château Saint-Louis (Québec) [microforme]Chapitre 2 sur 78 · DEP · texte numérisé non relu

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de vastes bâtiments pour remplacer la première Habitation de Québec, qui était fort détériorée. Cette nouvelle construction, que quelques auteurs ont confondue avec le fort Saint-Louis, occupait, avec ses dépendances, toute la pointe de la basse-ville traversée aujourd’hui par la rue Sous-le-Fort 1,

Au moment de partir pour la France, au mois d’août 1624, Champlain recommanda aux employés qui restaient à Québec de continuer les travaux du fort, ‘ Je les priai, dit-il, d’amasser des fascines et autres choses pour achever le fort, jugeant bien en moi-même que lon n’en ferait rien, d'autant qu’ils w’avaient rien de plus désagréable, bien que c’était la conservation et lasûreté du pays, ce qu’ils ne pouvaient ou voulaient comprendre. Cette œuvre ne s’avançait que par intervalles, selon la commodité qui se présentait, lorsque les ouvriers n’étaïient pas employés à autres œuvres.”

Au retour de Champlain, en 1626, il trouva le fort Saint-Louis dans le même état qu’il l’avait laissé, “ sans qu’on y eût fait aucune chose... .niau bastiment de dedans, qui n’était que commencé, n’y ayant qu’une chambre où

1— Voyez Ferland, Cours d'Histoire du Canada,

vol. I, page 213.

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étaient quelques ménages, attendant qu’on l’eût parachevé. .. ,”

“ Je considérai d’autre part, écritl, que le fort que j'avais fait faire était bien petit pour retirer, à une :.écessité, les habitans du pays, avec les soldut: qui un jour y pourraient être pour la défense d’icelui, quand ïl plairait au Roy les envoyer, et il fallait qu'il eût de l'étendue pour y bâtir, celui qui y était avait été assez bon pour peu de personnes, selon l'oiseau il fallait la cage, et que l’agrandissant il se rendrait plus commode, qui me fit résoudre de l’abattre et l’agrandir, ce que je fis jusqu’au pied, pour suivre mieux le dessein que j'avais, auquel j’employai quelques hommes qui y mirent toute sorte de soin pour y travailler, afin qu’au printemps il pût être en défense. Cela s’exécuta. Sa figure est selon l’assiette du lieu que je ménageai avec deux petits demibastions bien flanqués, et le reste est la montagne, n’y ayant que cette avenue du. côté de la terre qui est difficile à approcher, avec le canon qu’il faut monter 18 à 20 toises, et hors de mine, à cause de la dureté du rocher, ne pouvant y faire de fosse qu'avec une extrême peine. La ruine du petit fort servit en partie à refaire le plus grand qui était édifié de faseines, terres, gazons et bois, ainsi qu’autrefois

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j'avais vu pratiquer, qui étaient de très bonnes | forteresses, attendant un jour qu’on la fit revê- 4 tir de pierres à chaux-et à sable qui n’y manque Ÿ point, commandant sur l’Habitation et sur le

travers de la rivière.”

Le petit fort commencé en 1620 fut donc

rasé jusqu’au pied, et ce: ne fut qu’en 1626 que

. Champlain commença l’érection du fort plus spacieux qu’il devait habiter à son retour de France, en 1633, après spé us des Kertk 1, | et jusqu’à sa mort.

C’est de sa résidence du fort Saint: Louis que le fondateur de Québec contemplait, dans les derniers jours de son existence, l’admirable 4 campagne que sa pensée couvrait de villages et de moiïssons et d’où son génie voulait faire

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‘1--Il est probable que Chämplain habita le fort Saint-Louis quelque temps—peudetemps—avant l’arrivée des Kertk, en 1629. Louis Kertk habita le fort de 1629 à 1632. Emery de Caën le reprit en 1632, et Champlain vint de nouveau l’occuper én 1633.

Pendant son séjour en Canada (1620-1624), la jeune femme de Champlain, Marie-Hélène Doullé,se retira dans l’Habitation de Québec, dont l’emplacement est {| en partie occupé aujourd’hui par l’église Notre-Dame- Li des-Victoires, à la basse-ville, On sait qu'après la mort

ec de son mari, la femme du fondateur de Québec embrassa la vie religieuse et devint la fondatrice des Ursulines de Meaux. Elle était. née dans Le calvinisme.

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4 DOMINATION FRANÇAISE 9 ‘# surgir une France nouvelle. Il fit les plus ne grands sacrifices pour conquérir le Canada à E son- Dieu et à sa patrie, et fut le véritable fondateur de la nation qui, dans nos vastes contrées de l'Amérique du Nord, continue l’œuvre accomplie jadis par les Francs sur la terre de l’ancien monde.

Le P. Paul Lejeune s'exprime ainsi dans la | relation ”” de 1636 :

‘“ Le vingt- cinquième décembre (1635), jour de la naissance de notre. Sauveur en terre, Monsieur de Champlain, notre Gouverneur, prit une nouvelle naissance au ciel ; du moins nous pouvons dire que sa mort a été remplie de bénédictions. Je crois que Dieu lui a fait cette faveur en considération des biens qu’il a procurés à la Nouvelle France, où nous espérons qu'un jour Dieu sera aimé et servi Ge nos Français, et connu et adoré de nos Sauvages.

IL est vrai qu’il avait vécu dans une grande justice et équité, dans une fidélité parfaite envers son Roi et envers Messieurs de la Compagnie ; m&is à la mort il perfectionna ses vertus avec des sentiments de piété si grands qu’il nous étonna tous. Que ses yeux jetèrent de larmes ! Que ses affections pour le service de Dieu s’échauffèrent ! Quel amour n’avait-il pour les familles d'ici ! disant qu’il les fallait

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secourir puissamment pour le bien du vays, et les soulager en tout ce qu’on pourrait en ces nouveaux commencements, et qu’il le ferait si Dieu lui donnait la santé. Il ne fut pas surpris dans les comptes qu’il devait rendre à Dieu : il avait préparé de longue main une confession générale de toute sa vie, qu’il fit avec une grande douleur au Père Lallemant, qu’il honorait de son amitié ; le l’ère le secourut en toute sa maladie, qui fut de deux mois et demi, ne l’abandonnant point jusqu’à la mort. On laifit un convoi fort honorable, tant de la part du peuple que des soldats, des capitaines et des gens d'église ; le Père Lallemant y officia et on me chargea de l’oraison funèbre, où je ne manquai point de sujet. Ceux qu'il a laissés après lui ont occasion de se louer ; que s’il est mort hors de France, son nom n’en sera pas moins glorieux à la Postérité.”

La mort venait de pénétrer dans la petite citadelle, Elle devait y apparaître plus d’une fois encore, et, dans la suite des années, on vit lesrestes de maints personnages illustres exposés dans la grande salle du CHATEAU dont nous aurons bientôt à parler. Comme la garde qui veillait jadis aux barrières du Louvre, la sentinelle du fort Saint-Louis était impuissante contre les assauts de l’implacable moissonneuse.

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