‹ Le fort et le château Saint-Louis (Québec) [microforme]Chapitre 50 sur 78 · RAR NE APN ER DRE ES ANRT ENS AGE: EE · texte numérisé non relu

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mentioned, which are both built of brick 2, they being conspieuously exposed to our view from the south side of the river.”

La deuxième bataille des Plaines d’ Abraham, ou bataille de Sainte-Foye, livrée le 28 avril 1760, fut plus meurtrière que le combat du 13 septembre 1759. Les Anglais y perdirent quinze cents hommes, et se retirèrent précipitamment dans Québec. La perte des Français fut de sept cents hommes. Ce fut le dernier combat livré entre les deux nations sur la terre canadienne, et ce fut une victoire française. :

Le chevalier de Lévis s’y montra, comme toujours, le sage des sages et le brave des braves.

L'arrivée de vaisseaux anglais décida du sort de la colonie. Retirés dans la ville de Montréal, les quelques Français et Canadiens que commandaient Vaudreuil et Lévis surent, par leur attitude, se faire respecter des trois armées qui dirigeaient contre eux leurs efforts réunis ; et ce fut cette poignée de braves qui dicta les principaux articles de la capitulation du 8 septembre.

Les causes de la chute de la puissance fran-

2—Knox fait erreur sur ce point. Le château et le palais épiscopal, de même que le collège des Jésuites, le séminaire et les autres édifices publics, étaient cons: truits en pierre.

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çaise dans l'Amérique du Nord sont très multiples. Il en est de prochaines et il en est d’éloignées. Pour bien apprécier cet événement historique, il faut étudier tout le règne de Louis XV et la politique européenne du dernier de nos rois de l’ancien régime.

Les premières causes éloignées de la chute de Québée sont l’ambition de Marie-Thérèse d'Autriche et la confiance de Louis XV dans le génie politique de Madame d’Etioles !. Le roi se laissa entraîner dans des luttes qui affaïblirent la France et la mirent inutilement en conflit avec l'Angleterre. (Celle-ci, vaincue d’abord, se releva et porta la guerre en Amérique alors que toutes les ressources de la France étaient requises pour faire face aux exigences de la guerre continentale européenne dans laquelle elle était engagée.

Les causes immédiates furent aussi nombreuses que frappantes. On reste surpris, en étudiant nos annales historiques, des consc-

1—M. de Gaspé dit, dans ses Mémoires : “ C’est une chose assez remarquable que je n’aie jamais entendu un homme du peuple accuser Louis XV des désastres des Canadiens, par suite de l’abandon de la colonie à sés propres ressources. Si quelqu'un jetait le blâme sur le monarque : Bah ! bah ! ripostait Jean-Baptiste, c’est la Pompadour qui a vendu le pays à l’Anglais ! Et ils se répandaient en reprt ‘hes contre elle.”

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quenuces graves qu’eurent souvent des cireonstances tout accidentelles, peu importantes en apparence, et faciles à écarter. A un certain moment, tout le monde semble frappé d’aveuglement, d’impuissance ou d’ineurie. L’illustre héros de Carillon lui-même livre inconsidérément, malgré les représentations de Vaudreuil, la bataille des Plaines d'Abraham avec une partie seulement des troupes dont il peut disposer !. Bougainville, chargé de surveiller la rive du Saint-Laurent, passe la nuit au Cap-Rouge tandis que les Anglais débarquent au dessus de Sillery ; il ignore le drame qui se joue À deux lieues de distance, et reste longtemps inactif avec l’élite des troupes françaises pendant que les soldats de Montcalm, déjà fatigués par une marche de deux heures, sont écrasés sur les Plaines. Entin Ramezay perd la tête et livre à des assiégeants privés de leur chef ordinaire, une ville qui n’était pas investie. Au printemps de 1760, un soldat français, surpris par un accident, est entraîné sur un glaçon dans le fleuve Saint-Laurent ; il est recueilli à demi mort de faim et de froid, visà-vis de Québec, dans la nuit du 27 avril, et apprend au général Murray que Lévis est au

1—Lévis, le seul homi e qui eût de l’ascendant sur l'esprit de Montcalm, é..it absent.

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Cap-Rouge, presque sous les murs de la ville, avec son armée. Cette révélation épargne aux Anglais une surprise qui eût pu rendre plus désastreuse encore la journée du lendemain.

Qui sait si cet accident si simple, nous allions dire si puéril, en apparence, n’a pas eu son influence sur les destinées de notre continent ?

Qui sait si toutes les causes que nous venons d'indiquer n’ont pas influé sur les destinées de l Europe elle-même ?

Sans la conquête du Canada par l’ Angleterre, les Etats-Unis d’ Amérique n’eussent pas déclaré leur indépendance en 1775 ; sans l'expédition de Rochambeau et de LaFayette en Amérique, les idées républicaines n’eussent pas été soudainement mises en honneur en France sous le règne de Louis XVI ; sans la perte de sa vaste colonie de |’ Amérique du Nord, uotre ancienne mère-patrie eût pu nous envoyer le trop plein de sa population—la plus remuante et la moins respectable—et éviter peut-être les pires excès de 1793...

Il y à sans doute beaucoup d’incertain et de risqué dans ces hypothèses ; maïs ce qui est incontestable, c’est qu'aucun homme au monde

n’eût été assez puissant pour parer aux causes

multiples des profondes modifications que le Canada devait subir ; c’est que la divine Providence, en nous séparant du pays toujours

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aimé de nos ancêtres, —ce que nous eroyions être le suprême malheur,—nous a traités avec bonté et nous a épargné des maux incalculables.

Pendant les dernières années du régime français en Canada, tous ceux qui, dans ce pays, avaient de la fortune en abusaient.

L’intendant et ses créatures spéculaient, festoyaient, entassaient de l’or ; les officiers se battaient bravement en été, mais jeuaient tout l'hiver d’une manière effrénée. Toute la population frivole—heureusement peu nombreuse— de Québec et de Montréal, qui vivait dans des fêtes continuelles pendant que les habitants des campagnes multipliaient les sacrifices pour faire face aux événements, quitta la colonie après la conquête, de même que les personnages officiels et un certain nombre de familles qui avaient en France de proches parents relativement à l'aise. Une partie périt dans le naufrage de l’ Auguste, sur les côtes du Cap Breton, en 1761. Les militaires sembarquèrent pour la France en 1759 et en 1760. Une dernière émigration, comprenant plusieurs familles de négociants, eut lieu après la signature du traité de Paris, en 1763 et en 1764 ; elle se dirigea partie vers la France, partie vers Saint-Domingue. Parmi les personnes qui

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