‹ Le fort et le château Saint-Louis (Québec) [microforme]Chapitre 51 sur 78 · LA · texte numérisé non relu

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durent ainsi quitter la colonie, un grand nombre étaient dignes d’estime et même d’admiration, et si cette exode fut une expurgation pour la société canadienne, par rapport à certains sujets, il causa en même temps un aflaiblissement regrettable dans la partie saine de la population. Les art: et les sciences, qui étaient très avancés à Québec et à Montréal, disparurent presque tout à fait, et ce n’est que vers le milieu du dix-neuvième siècle que nous avons pu reconquérir tout le terrain perdu dece côté. La langue française reçut aussi dès linauguration du nouveau régime les premiers assauts qu’elle eut à subir en ce pays, par le fait de l'importation de raarchandises portant des noms anglais et et par le contact fréquent de la population de nos villes avec des artisans et des marchands ue parlant que la langue anglaise.

De 1760 à 1766, il n’y eut pas d’évèque en Canada, et, partant, pas d’ordinations. Humai- . nement, Murray tenait le sort de l'Eglise canadienne dans ses mains, et il lui rendit un service inappréciable en favorisant la consécration de lillustre Monseigneur Briand. Le nombre de prêtres catholiques dans tout le Canada descendit au chiffre de 1381, Tes

Î 1—Juillet 1766. Au mois de septembre 1758, il y avait, dit Mgr H, Têtu, 181 prêtres dans le diocèse de Québec.

dernières années n’avaient pas été désastreuses seulement par la famine et par la guerre : les écoles primaires, florissantes au temps de Phihippe de Vaudreuil et de Beauharnoïs, avaient été fermées ; les collèges classiques étaient déserts ; le nombre des religieuses ”2 tout ordre état considérablement diminué. Pendant neuf ans, il n’entra aucune novice chez les Ursulines, à Québec. Ecrasés sous le nombre, ruinés par l'incendie, les massacres et le pillage sous toutes ses formes, les Canadiens avaient oublié de s'occuper des écoles.

Immédiatement après la conquête, notre clergé dut suffire à toutes les tâches. Il le fit par ses conseils, par son initiative sage et prudente, par son esprit de sacrifice, par l'exemple du plus pur patriotisme et des plus austères vertus.

La loi martiale, établie tout d’abord dans la colonie, eut pour effet d’engager les habitants À s’adresser aux curés pour régler leurs différends. Plus que jamais le prêtre fut considéré comme lami, le protecteur et le guide du peuple. La forte organisation paroissiale créée par Philippe de Vaudreuil et Monseigneur de Saint-Vallier sut résister au choc qui ébranlait tout l’édifice de rotre nationalité. Grâce à cette organisation, les familles franco-cana-

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