‹ Le fort et le château Saint-Louis (Québec) [microforme]Chapitre 66 sur 78 · LA LANGUE FRANÇAISE EN CANADA · texte numérisé non relu

LA LANGUE FRANÇAISE EN CANADA

ASEUX choses caractérisent la langue que

nous parlons : les archaïsmes, que nous 2 devons conserver comme de vieux joyaux se de famille, et les anglicismes, dont nous devons nous débarrasser avec le plus d’application possible. Il est certain que nous ne parlons pàs le français absolument moderne et que l’ensemble de notre langage ressemble plutôt au français du dix-septième siècle. Malheureusement, nous n’en soignons pas assez la forme ; or, comme a dit DeBonald : ‘ un style généralement faux peut détériorer une langue, comme l’usage habituellement maladroit d’an instrument juste peut, à la longue, le fausser.”

1—J'écris : ‘en Canada,’ comme écrivaient Richelieu, Colbert et Choiseul, La Potherie, Charlevoix et Montcalm, et comme écrivent encore ia piupart des Canadiens.

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Les étrangers qui ne font qu’un court séjour au milieu de nous, ne trouvent pas les singularités de notre langage aussi choquantes qu’on pourrait le croire. [ls voient du pittoresque là où nous ne voyons que des incorrections ; pour cux un anglicisme À peine compréhensible devient une curiosité philologique tout à fait intéressante.

Dans nos belles campagnes exclusivement franco-canadiennes, là où lon dit encore:

‘ Espérez un instant, je vais m’en aller quand et vous...” le peuple se sert rarement de mots anglais ; et les personnes instruites de nos villes tiennent à honneur de n’employer que des mots français lorsqu’elles parlent le français.

Certains patriotes sont là-dessus d’un chauvinisme admirable ; ce qui ne les empêche pas de s'exprimer le mieux possible en langue anglaise lorsqu'ils ont à parler l’anglaiïs !.

1-1 ans le rér” excursion en chemin de fer que firent le s de Paris et le duc d'Orléans,

perdant leur ec...s séjour à Québec, en 1890, Monsieur E. Rimbault s'exprime ainsi :

“ Je prie le lecteur étranger de ne pas trouver à redire si nous employons icile mot char pour désigner ce qu’on appelie en France un wagon ou simplement une voiture. Ce dernier terme a une signification trop générale; quant au mot wagon, nous n’en voulons pas parce que nous sommes dans la lutte pour la vie

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