TRIBUNAUX ET BASILIQUES. — LE PREMIER ARC DE TRIOMPHE
Les tribunaux. — Le putéal de Libon. — Marsyas. — Les tribunaux occupérent d'abord le Comitium. Les triumviri capitales siégeaient près de la colonne Mænia, et, non loin de là, le préteur. Mais, en même temps que les proces, les tribunaux aussi se multiplièrent par suite du nombre et de la variété des affaires et se déversérent sur le Forum: celui du préteur s'installa à côté du putéal de Libon. Ce putéal, dont l'emplacement n'est pas encore bien déterminé, marquait un endroit frappé de la foudre. On l'appelait putéal Libonis ou putéal Scribonianum parce qu'il avait été érigé au Forum par Scribonius Libo que le sénat avait chargé de rechercher les lieux frappés de la foudre pour les protéger par une margelle. Ce lieu était très fréquenté par les avocats et les plaideurs. Cicéron mentionne au Forum un tribunal Aurélium avec des degrés d'où le public suivait les débats. Ce fut un centre très animé de troubles politiques et judiciaires. Les tribunaux du Forum étaient mobiles et en bois: plusieurs fois, dans des troubles, ils furent brisés ou brûlés; on les faisait sans doute disparaitre les jours de comices et les Jours de fête.
Il existait à Rome, sur le Forum, une statue dont le type avait été emprunté aux Grecs et qui remonte à une très haute antiquité. C'est la statue du satyre Marsyas. Elle était située non loin du putéal de Libon et près des tribunaux. A cause de sa proximité, les avocats et les plaideurs avaient l'habitude de se réunir dans son voisinage. Le figuier du lac Curtius, qui l'ombrageait, figure à côté d'elle sur les basreliefs qui représentent des monuments du Forum.
Le satyre était debout, nu, l'épaule gauche chargée d’une outre, la main droite levée. C'était un usage de le couronner de fleurs. Peut-être devait-il cette parure à des avocats ou à des plaideurs heureux dans leurs procès. Un jeune homme fut condamné aux fers par les triumvirs pour s'être paré de fleurs enlevées à la statue. Les récits mythologiques racontent que Marsyas, défié par Apollon, ne se laissa pas intimider et osa lui disputer