LA BASILIQUE DE CONSTANTIN (ÉTAT ACTUEL
subsistent encore, et de statues dans des niches. La porte antique, en bronze, est intacte, sauf qu'elle a perdu ses clous à tête travaillée; également intact est l'entourage de la porte ainsi que ses colonnes corinthiennes en rouge antique, avec leurs bases et leurs chapiteaux, les montants et le dessus de la porte. Tout cet ensemble, fort intéressant et mieux sculpté que ne le comporte l'époque de Maxence, a sans doute été emprunté à un monument antérieur.
Ce temple et la basilique étaient inachevés quand Maxence périt à la bataille de Saxa Rubra, le 27 octobre 372. Le sénat le termina ainsi que la basilique et dédia l’un et l'autre à Constantin. L'inscription dédiant le temple à Constantin était encore en place au seizième siècle.
Maxence remania donc complètement le tronçon de la voie sacrée appelé clivus
sacer, augmenta sa largeur, l'orna de fontaines: en outre tous les grands monuments devant lesquels il
passait sont son œuvre.
Les vues du Forum. - Plusieurs rues aboutissaient au Forum.
La via Nova ou rue neuve, dont nous avons
déjà parlé, s’embranchait
sur la voie sacrée prés de ete la summa sacra via; elle longeait, sous des arcades, le Palatin, et le côté sud du Forum jusqu'au Vélabre avec lequel elle communiquait on ne sait rop comment. Aujourd'hui, elle se termine brusquement, bien au-dessus du niveau du Forum, Dar deux escaliers dont l'un monte au Palatin tandis que ‘autre descend vers le temple
de Vesta. Le premier étage de
a maison des Vestales forme rez-de-chaussée sur cette rue.
C'est la que fut le bois sacré de Vesta, lucus Veste, et l'autel au dieu inconnu, Aius Locutius, dont la voix prophétique annonça aux Romains la prochaine arrivée des Gaulois. La via Nova était une voie très ancienne; ‘Tarquin l'Ancien y avait son palais.
Le forum Boarium, le cir-
que Maxime, le Vélabre com-
muniquaient avec le Forum par
VIA NOVA (1V* SIÈCLE) le vicus Tuscus: nous dirions
LE
aujourd'hui la rue Étrusque. Le nom de cette rue, les légendes attachées à sa création; a statue de la vieille divinité Vertumnus qui se dressait près de l'endroit où, entre a basilique Julia et le temple de Castor, elle rencontre la voie sacrée, tout concourt à accuser ses origines étrusques. Elle fut, parce qu'on y vendait des parfums, appelée, à une certaine époque, vicus Turarius. C'était un lieu de mauvais renom et assez mal réquenté.
Séparés par le Capitole et le prolongement du Quirinal, le champ de Mars et e Forum étaient reliés l'un à l'autre par le vécus Jugarius qui trait son nom d'un autel à Junon Juga, déesse du mariage. En l'an 7 avant Jésus-Christ, à l'occasion d'une amine, un autel fut érigé à la déesse Ops, derrière le temple de Saturne, non loin de ‘endroit où le vicus Jugarius se réunit à la voie sacrée. Près de là aussi, une fontaine ou bassin appelé lacus Servilius avait acquis, au temps de Sylla, une triste célébrité, tant
on y exposa de têtes de proscrits. Cicéron le compare au lac ‘Trasimène si funeste aux
Romains. Agrippa l'avait orné d'un bas-relief ou statue représentant une hydre. Au pied du temple de Saturne, le vicus Jugarius se confondait avec la voie sacrée
sous le nom de clivus Capitolinus, dernière étape des triomphateurs vers le temple de
Jupiter. Ornée, à une époque ancienne, de portiques, cette voie est recouverte,
depuis 1882, par la rue moderne qui passe entre les temples de Saturne et de Vespasien.
Sur le côté nord du Forum, le clivus Argentarius, dont le nom nous a été conservé par tradition dans des documents du moyen âge, allait, passant devant la prison, du Forum à la via Flaminia qu'il rencontrait sous la porte Ratumena
Une des plus anciennes rues de Rome, l'Argiletum, reliait le Forum au quartier populaire de Subure. Des libraires, des cordonniers y avaient leurs boutiques. Sous son pavé, la Cloaca maxima entrait dans le sous-sol du Forum.
Entre la basilique Æmilia et le temple d'Antonin, on a retrouvé le dallage d’une rue dont le nom est inconnu.
Enfin, se détachant de la voie sacrée près de la Régia, une rue longeait la basilique Æmilia, comme la voie sacrée la basilique Julia, pour terminer son court trajet a l'Argiletum dans lequel elle se perdait. Le voisinage du temple de Janus, la présence, sur trois points de son parcours, de ces arcs que les Romains appelaient des Janus, un
texte de scoliaste lui ont fait donner le nom de vicus Jani.
Tel était, au quatrième siecle, l'état du Forum. Quand, en l'année 303 après Jésus- Christ, Dioclétien et Maximien triompherent des Perses, tous les monuments au pied desquels s'étaient écoulés les pompes et les cortèges de la république et de l'empire furent encore témoins de leur triomphe. Les dieux même, longtemps menacés, semblaient,
raffermis dans leurs cellæ, faire un nouveau pacte avec les éternelles destinées de Rome.
Les églises chrétiennes s'écroulaient sous la pioche des démolisseurs; les livres saints étaient confisqués et brülés; les chrétiens expiraient dans les tourments ou menaient dans les mines et les chantiers publics la vie des esclaves de la plus basse condition. Quelques années plus tard, Maxence, âme profondément païenne et non sans grandeur, enivré encore de la gloire du peuple romain, de ses antiques souvenirs et de ses dieux, dédiait, le jour anniversaire de la naissance de Rome, au dieu Mars et à ses fils Romulus et Rémus, cette inscription : « À Mars invincible, notre pére, et aux fondateurs de sa ville éternelle. » Le christianisme, la nouvelle superstition, comme l'avait appelée
l'acite, paraissait sur le point d'expirer; il était à la veille du triomphe.
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4 Hé AK