‹ Le forum romain son histoire et ses monumentsChapitre 12 sur 26 · XVII. Lapis Niger et tombeau de Romulus. A la · texte numérisé non relu

XVII. Lapis Niger et tombeau de Romulus. A la

limite du Forum et du Comitium, sous la protection d'une toiture en planches, s'étend un dallage de marbre noir, de forme à peu près carrée, et enfermé dans une bordure de marbre blanc. Le pavé noir a été plusieurs fois endommagé et rapiécé (une fois même avec un fragment d'inscription); néanmoins toutes les parties s'en joignent exactement. Il est orienté vers la Curie de César et de Dioclétien, et fait à peu près face à son entrée. Dès qu'il a été découvert on l'a aussitôt rapproché d'un groupe de monuments dont l'existence sur le Comitium nous est attestée par un certain nombre d'auteurs anciens des derniers temps de la République ou du commencement de l'Empire.

«La pierre noire sur le Comitium», écrit l'antiquaire Pompeius Festus, dont le livre De significatione verbornm est un abrégé de l'ouvrage plus étendu de Verrius Flaccus, contemporain d'Auguste, « désigne un lieu funeste: suivant les uns ce serait le lieu de la sépulture de Romulus; mais on dit aussi que ce n'est pas lui, mais Faustulus, son père adoptif, qui y a été inhumé; suivant d'autres, ce serait la tombe d'Hostus Hostilius, père du troisième roi de Rome, Tullius Hostilius». De son côté Denys d' Halicarnasse, qui vivait sous Auguste, nous raconte: « Certains croient que le lion de pierre qui était placé à l'endroit le plus notable du Forum près des Rostres était le monu-

ment de Faustulus, enterré sur le lieu même où il avait succombé dans la bataille entre les Romains et les Sabins ». Ailleurs le même auteur nous rapporte une tout autre opinion: « Hostus Hostilius fut enseveli à l'endroit le plus notable du Forum, et on lui éleva une stèle avec une inscription qui louait ses mérites ». Enfin suivant les anciens scholiastes d'Horace « la majorité des auteurs (en un autre passage V'arron est expressément nommé) .\fhrme que Romulus fut enterré près des Rostres [devant ou der-

Fis;. 45. Le Niger Lapis.

rière], et qut- c'est pour cette raison qu'on y a placé deux lions de pierre, semblables à ceux qu'on voit encore aujourd'hui sur les tombeaux ».

Or au niveau du pavé de l'époque de César et d'Auguste nous avons au lieu d'une pierre noire un dallage noir en marbre; de lions qui veillent sur le défunt, ou de stèle qui porte son éloge, aucune trace. Mais des fouilles ultérieures, poussées plus avant, mirent au jour, à la profondeur d'i m. 50 environ, tout un groupe de monuments archaïques, mutilés volontairement et enterrés

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dès l'antiquité. Sous le dallage, qui, d'ailleurs, ne les recouvre qu'en partie, apparaissent d'abord deux bases

Fig. ^6. Lnpis Niger: plan supérieur.

lig. 47. I.apis Niger: plan infcriciir.

de tuf (fig-, 47 AB): elles semblent par leur forme convenir aux statues de deux lions couchés. Entre les deux - mais est-ce bien là son emplacement primitif? - un

bloc de tuf isolé (C). Kn arrière les deux bases aboutissent à un soubassement (/?) qui n'a pas encore été exploré. L'hypothèse récente que sur ce soubassement était édifiée la tribune de l'époque républicaine est inadmissible à raison de ses dimensions restreintes (i m. 69 X 3 '"• 50)- On <ioit plutôt penser à un autel. Généralement on désigne cet ensemble de monuments -ous le nom de sacellum (petit sanctuaire) et on l'identifie avec le « tombeau de Romulus » mentionné par les auteurs anciens; suivant quelques érudits, le bloc de tuf

Fig. 4S. l,e ' Sacellum ' et la Stcle archaïque.

situé entre les deux bases, était surmonté d' une « pierre noire », d'origine volcanique, en forme de cône ou de pomme de pin analogue à celles qui ornaient les tombeaux étrusques.

Derrière le sacellum, recouvert par le dallage de marbre noir, s'élève le tronc mutilé d'une colonne circulaire a tuf (C). En arrière, et visible seulement à la lumière d'une bougie allumée par le gardien, est placée une stèle carrée dont les quatre faces sont couvertes d'inscriptions (//)• I-cs lignes de l'écriture vont de haut en bas et de bas en haut {boiistrophedon vertical). Les lettres ressemblent plus que dans toute autre inscription latine aux caractères grecs (par exemple l'R y a conservé la forme Pj. Il est certain que de toutes les inscriptions

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latines que nous possédons sur pierre elle est la plus ancienne, et dans tout les cas ne descend pas plus bas que le cinquième siècle av. J.-C. Malheureusement le sens en est demeuré jusqu'ici très obscur; et parce que

Fig. 49. Inscription de la Stèle archaïque.

nous n'avons que la moitié ou même qu'un tiers des lignes, peut-être n'arriverons-nous jamais à l'élucider complètement. Il est clair cependant qu'il y est question d'un rex qu'il s'agisse effectivement d'un monarque de Rome ou de son successeur à l'époque républicaine, le rex sacrorum, qui n'avait plus de la royauté que le nom -, plus loin de

ionxmenia, c'est-à-dire de chariots et de bctes de somme, et enfin d'un fonctionnaire, sorte de héraut ou huissier (les magistrats et des grands prêtres, le kalator. On com-

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