loiqidod
Fig. 50. Inscription de la Stclc archaïque,
prend aussi la fin de phrase sakros esed = sacer esio (sït), et ces derniers mots laissent supposer que nous sommes en présence d'une /ex sacrata: et d'ailleurs en dehors de ces lois sacrées qu'aurait-on pu graver sur la pierre dans la Rome archaïque? Le rex (et plus tard le rex
I lO
sacrorum) avait certains rites à accomplir sur le Comitium au moins trois fois par an, le 24 février, le 24 mars et le 24 mai (cf. supra p. 6). Il est possible que cette loi soit en relation avec ces cérémonies sacrées, que par exemple elle ait permis au rex, de se rendre au Comitium sur un char, accompagné de son kalator, et qu'elle l'ait interdit à tout autre, vouant à la colère divine {sakros ^^ esed) celui qui transgresserait
la défense. Mais il est impossible d'en donner une interprétation complète.
Quand on fouilla le sacellum on trouva les plinthes des deux bases engagées sous un amas de cailloux et de sable apportés là exprès, et d'où l'on tira toute une foule d'ex-voto, de petites figurines en os, en terre cuite ou en bronze, des fragments de bas-reliefs en terre cuite, des morceaux de vases, des os d'ani-maux immolés en sacrifice, etc.; tous ces objets que l'on conserve aujourd'hui dans le magasin des fouilles (PI. \ni) remontent également à une haute antiquité (viii^-vi^ siècle av.J.-C).
A quelle époque ce vieux sanctuaire a-t-il été bouleversé? Quand l'a-t-on comblé? Ce sont là des questions encore controversées. Certains savants admettent que la première dévastation remonte à la prise et au sac de Rome par les Gaulois (390 av. J.-C), et que le sanctuaire fut recouvert de la dalle noire au temps de César et d'Auguste. D'autres au contraire prétendent que Varron l'a encore vu intact; à les en croire, le dallage noir daterait du déclin de l'Empire; il aurait été destiné à rappeler le « tombeau de Romulus » , depuis longtemps
Figurines trouvées ' Sacellum '.
disparu. Peut-être la continuation des fouilles jiermettra-t-elle un jour de décider entre ces opinions ?
Sous l'angle de droite du dallage noir on voit une espèce de puits rectangulaire, en tuf, dont le bord supérieur arrive au niveau du Comitium de César et d'Auguste. Une construction semblable, mais à cinq côtés au lieu de quatre, se trouve à l'entrée de la fouille, à droite. Il y en a de pareilles devant la façade des Rostres, et le long de la Voie Sacrée, devant la Basilique Julia. Il est difficile de se prononcer sur leur nature. Toutefois le nom qu'on leur a donné de pozzi rituali (puits rituels) est dénué de fondement, du moins pour la plupart. Il est plus probable en effet que la majorité de ces puits avait un but pratique (drainage).
Cf. Festus p. 177; Den. Hal. I, ^t. III, i; Schol. Horat. ad. Epod. 16, 13-14. — Inscription du cippe: Dessau 4913; Huelsen Beitràge zur A G. Il (1902) p. 230.
Noiizie degli scavi 1899, 1 51-169; Comparetti Iscrizione arcaica del Foro Romano (Florence 1900); Huelsen R. M. 1902, 22-31; 1905, 40-46; Vaglieri J02-143; Studniczka Jahreshefte des ueslerr. Instiiuls VI (1903) 129-155. VII (1904) 239 sq.; Boni Alti 550-554; Petersen Coniiliuni, Rosira, Grab des Rotnitlus (Rome 1904).
X\'III. Comitium. La place située entre le * Lapis Niger » et S. Adriano est le dernier vestige de l'antique Comitium. Il était pavé en travertin sur la plus grande partie de son étendue. Au-dessous du pavé on a mis au jour des restes de murs en tuf d'un caractère très ancien. On y distingue un grand soubassement en demi-cercle, construit en blocs de tuf brun et que l'on peut suivre depuis le côté est du « sacelhim » jusqu'au dallage de marbre qui s'étend devant S. Adriano. L'édifice auquel appartenaient ces substructions a disparu ^ la suite de l'exhaussement considérable du niveau
du Forum sous César et Auguste. C'est à cette époque que notre soubassement fut en plusieurs endroits interrompu par ces constructions en forme de puits {pozzi), faites également de grands blocs de tuf brun, et que nous avons mentionnées plus haut. Au sud-ouest de la substruction semi-circulaire, à une distance d'environ 8 mètres, et parallèlement à sa direction, court un canal dont les parois sont appareillées en bon opus reticulatum, et qui date peut-être de l'époque de Sylla. Il est possible que l'espace compris entre le soubassement semicirculaire et le canal ait été occupé par les Rostres de la fin de la République, lesquels nous apparaissent sur la monnaie de Palikanus (fig. 25) avec une façade convexe. Plus bas encore que la substruction on voit les ruines d'un escalier en blocs de tuf plus petits. Elles pourraient bien provenir d'une tribune antérieure. Est également d'aspect archaïque le mur composé de petits losanges de fuf que les fouilles ont révélé entre les substructions dont nous venons de parler et l'entrée du prétendu tombeau de Romulus. On a voulu y reconnaître, mais à tort, un mur de séparation entre le Forum et le Comitium.
La partie du Comitium la plus rapprochée de la Curie est pavée en marbre. Là où )e pavé de marbre rejoint le pavé de travertin, on voit un bassin de marbre assez semblable à un grand plat et qui devait servir de support à une fontaine: du moins l'eau qui en tombait a-t-elle laissé sur le marbre des traces de dégradatiori. Au milieu, une place est ménagée pour recevoir un socle octogonal sur lequel était probablement posée une vasque en forme de coupe {cantharus). Le tout est de très basse époque, peut-être du cinquième siècle ap. J.-C.
A l'angle nord-est de la fouille, dans la direction de la basilique AemiHa, ont été placées trois grandes bases de marbre. L'une d'elles porte une longue ins-
cription honorifique dédiée à l'empereur Constance par le préfet de la ville Memmius V'itrasius Orfitus entre 356 et 359 ap. J.-C. (en k sur le plan). Les inscriptions des deux autres hases paraissent avoir été effacées à dessein. Cependant on distingue encore sur l'une les traces du nom de ce même préfet. Selon toute probabilité, par conséquent, celui qu'elles honoraient n'était autre que l'empereur Julien (l'Apostat), dont le règne est un peu postérieur.
Tout à fait au bord des fouilles (en f) se dresse une grande base de marbre dont les quatre côtés portent des inscriptions. Elle a commencé par servir de piédestal à une statue d'Antonin le Pieux dédiée à cet empereur le !"■ août 154 ap. J.-C. par la corporation des charpentiers de Rome (^collcgium fabriim tigmiarioriivi). La date de cette dédicace gravée sur la partie postérieure de la base, les noms des charpentiers qui l'ont dédiée gravés sur le côté gauche remontent à cette première destination. Plus tard on plaça sur la base un groupe, probablement en bronze, que l'empereur Maxence consacra à Romulus et Rémus et à Mars leur père, fondateurs de Rome, le 21 avril 308 ap. J.-C, jour anniversaire de la fondation. D'où il est facile de supposer que ce groupe était voisin du Lapis niger, c'est-à-dire du dallage de marbre noir refait en souvenir du tombeau de Romulus depuis longtemps caché sous terre.
A une construction très tardive (médiévale?) appartiennent les trois degrés de marbre, qui, de la « pierre noire», montent dans la direction de l'arc de Sévère. Près de là. devant l'arcade latérale droite de l'arc de Sévère, s'élève au-dessus d'un pavé en travertin (en ^) le piédestal d'une statue équestre, érigée, nous dit l'inscription, à l'empereur Constance par le préfet de la ville, Neratius Cerealis (352-353). L' Empereur y est célébré
comme le restUutor urbis et orbis, extincior pestiferae tyrannidis : ce dernier membre de phrase fait allusion à la défaite de son rival Magnence (352 ap. J.-C).
Cf. Jordan I, 2, 261. 318-322; Huelsen /?. M. 1893, 79-94. 1902, 32-39. :905, 29-39; Vaglieri 102 sq.; Boni, A//i 547-550; Petersen Comt'iiutn etc. (Rome 1904); CIL. VI, 1158 (=Dessau 731). 3.^ 856.
XIX. Curia Julia. Avec sa façade en briques absolument nue, l'église S. Adriano correspond à la salle principale du palais du Sénat sous l'Empire, la Curie Julia. Fondée par le dictateur Jules César pour remplacer l'ancienne Curie Hostilia, située plus au nord, la Curie Julia occupait la plus grande partie du vieux ,, '^.'^•J?- Comitium républicain. Une monnaie
.Monnaie d Aus;uste '
(sur le frise d' Auguste, frappée entre 35 et 28 av.
mp. aesar). J.-C, en représente la façade. Sur
cette monnaie, la Curie ressemble à un temple, avec un grand fronton et un portique à colonnes. C'est aussi la forme qu'a la Curie sur l'anaglyphe de Trajan (v. p. 103 et fig. 43). Elle y est bâtie comme un temple avec un portique et un perron. Cet édifice se composait d'une grande salle - la Curie proprement dite - et d'une salle plus petite, affectée soit aux séances secrètes, .soit aux réunions des commissions: le secretarhan Senaius, sur l'emplacement duquel s'élève aujourd'hui l'église S. Martina (cf. supra p. 27). Dans l'antiquité les deux bâtiments n'en faisaient qu'un; au commencement du xvr siècle des restes d'une galerie couverte subsistaient encore entre les deux églises; et il y avait d'autres vestiges d'une construction antique derrière l'église S. Adriano. C'est dans ces parages qu'il faut chercher
le Chalcidicum qu'Auguste désigne dans le Monument (l'Ancyre comme une dépendance de la Curie.
César ne vit pas l'achèvement de l'édifice qui fut dédié par muste, l'an 29 av. J.-C. Comme divinité tutélaire l'Empereur choisit la Victoire dont un autel et une statue d'or furent élevés dans la salle principale. Cette statue nous est connue notamment par une gemme et par la monnaie d'Auguste, où elle figure comme sculpture ornementale du fronton. La déesse, debout sur un globe terrestre, tient une couronne de la main droite, et de la main gauche un trophée. Domitien restaura la Curie et consacra à sa divinité préférée. Minerve, une chapelle, qu'il installa peut être dans le Chalcidicum, appelé aussi depuis Atrium Minervae. La Curie avait été très fortement endommagée par l'incendie qui éclata en 2S3 sous le règne de Carin: Dioclétien entreprit de la rebâtir, et elle reçut alors la forme que nous lui voyons aujourd'hui. Elle fut peut-être dédiée en 303, à l'occasion du vingtième anniversaire de l'avènement au trône de Dioclétien. Et ce serait à cette occasion qu'auraient été érigées les deux grandes colonnes dont nous avons parlé plus haut (cf. p. 97). Un peu plus tard, le préfet de la Ville restaura le secrelarium (311). A la fin du iv' siècle l'autel de la Victoire était l'objet d'âpres débats dans le Sénat entre le parti chrétien et le parti païen (cf. supra p. 24). .\ la prise de Rome par Alaric, tout le côté nord du Forum fut dévoré par les flammes: mais en 412 le préfet de la ville, Flavius .\nnius Eucharius Epiphanius releva de sts cendres le secrelarium Senalus, ainsi que nous l'api^renait une inscription monumentale qui fut conservée jusqu'au xvii* siècle dans l'abside de l'ancienne église S. Martina. Au temps de Théodoric l'édifice servait encore pour les séances d'un Sénat qui n'était plus que l'ombre de lui-même. Le nom de « cour de la Liberté » (Alrium IJbgrtalis), sous lequel on le désignait alors, lui venait d'une construction voisine mais complètement différente. Après la chute du royaume Ostrogoth, la Curie fut abandonnée : au milieu du vu* siècle on fonda sur ses ruines les églises de S. .\driano et de S. Martina, et c'est à leur fondation que nous dtvons d'avoir conservé le f>eu qui nous reste de la Curie. Au commencement du XVII* siècle Antoine de San Galio le Vieux et Balthasar Peruzzi firent, en vue d'un projet de reconstruction des deux églises qui
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d'ailleurs ne fut pas mis à exécution, des études très importantes sur les parties antiques subsistantes, dont plusieurs devaient disparaître lors de la construction de la via Bonella sous Sixte-Quint