I-i.ff. 57. Pl.m du C.irccr
basse fosse: nu contraire le carcer, et surtout les lautuuuac qui en onnaient comme une annexe dans les n,oments de presse é 'aie," un local plus acceptable, où les prisonniers pouvaient par U m K s occuper de littérature et recevoir des visites de leu s "are U s de leurs am.s. On raconte que le poète Xaevius (vers .00 av -V i a compose deux de ses pièces in cancre. Rome n'a jamais eu
d'autre prison que le carcer, qui, aiint-xes comprises, demeurait '!•• dimensions très restreintes. Ce qui s'explique par la destina-
.111 du carcer qui servait uniquement pour les prévenus, et non l><)ur les condamnés.
Un escalier moderne mène à la porte antique dont le seuil
-t plus bas d' I mètre )0 environ que le seuil moderne. Au-
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dessus de l'entrée, au niveau de l'ancien Comitium, du coté extérieur de la porte, on lit, j^ravée en grosses lettres, sur une bande de travertin faisant saillie, l'inscription suivante: C. l'ibius C. f. Rii/iHua, M. Coccent[s M. f. A'erz-a] cas. c.r s{enaliis) c(onsu//o). Ces deux personnages ont été consuls sous Tibère ou Caligula (entre 20 et 40 ap, J.-C),
On entre ensuite dans In seule pièce du cachot supérieur qui • it encore bieii conseivée. C'est un espace voûté, en blocs de
luf, avec emploi, ici et là, de travertin. Quant aux autres pièces voisines, on en a constaté ^l' existence, mais on ne peut j^as y aller. Un escalier, également moderne, conduit à la fosse inférieure. Dans l'antiquité elle n'était accessible que par un trou
Fig. 59. Coupe et plan du Tulli.muni.
percé dans le plafond. Nous n'avons plus le plafond primitif. Celui que nous vojons date d'une reconstruction, peut-être de celle qui fut exécutée sous Tibère et dont nous parle l'inscription. La pièce forme un cercle dont un tiers serait coupé par une corde qui coïncide avec l'arête vive du rocher. Les murs circulaires sont bâtis avec des blocs de tuf, sans mortier, mais néantnoins très également ajustés les uns aux autres. Nous voyons encore trois assises de pierre qui se superposent en avançant l'une sur l'autri
La construction était originairement deux fois plus haute que maintenant, et c'était une coupole primitive, analogue à celle de certains monuments archaïques de l'Italie et de la Grèce (trésor de Mycènes; fontaine de la citadelle de Tusculum).
Sur le sol du Tullianum jaillit une source aujourd'hui assez pauvre, mais qui, d'après la tradition commune, aurait été, en son temps, assez abondante pour remplir la voûte et faire du Tullianum le puits de la citadelle Capitoline. L'eau en trop-plein s'écoulait, croit-on, par une canalisation creusée dans le tuf. maintenant fermée par une porte de fer (dans le mur à droite). Réceinceranient on a élevé des doutes sur cette conjecture, parce que la construction ne présente nulle part les traces d'incrustation que n'eussent pas manqué d'y laisser les eau.x de la source, si pendant des siècles elles y avaient été enfermées; et il faudrait plutôt, suivant d'autres, la considérer comme une ancienne tombe à coupole, à la ressemblance des tombes de Mycènes.
C'est dans le Tullianum que furent mis à mort Jui^urlha, \'ercingétorix et d'autres ennemis du peuple Romain, qui, une lois vaincus, avaient été amenés à Rome pour orner le triomphe de leurs vainqueurs. C'est au Tullianum également que sur l'ordre de Cicéron, le 5 décembre 63 av. J.-C. les complices de Catilina furent exécutés pour crime de haute trahison. C'est à ce propos que Salluste nous a fait du Tullianum une description demeurée fameuse: « Il y a dans le Carccr, dit-il, un endroit qui s'appelle le Tullianum. Il est à environ douze pieds sous terre. De toutes parts il est ceint d'épaisses murailles. Il est couvert par des blocs qui se rejoignent en arceaux. Par la saleté, les ténèbres, et l'odeur il est d'un aspect repoussant et horrible ». Jusqu'au iv^ siècle ap. J.-C. il y a eu des prisonniers d'Etat qui sont venus mourir au fond du Tullianum. Une tradition ciirétienne y voit la prison de l'apôtre Pierre, qui y aurait fait jaillir la source du sol pour baptiser ses geôliers Processus et Martinianus. Ce n'est d'ailleurs que dans les écrits hagiographiques que le Carcer s'appelle Carcer Maittertinus ou Cnstodia Mamcrtini. Cette dénomination est inconnue de l'antiquité classique.
Cf. Varr. /. /. V, 150-151; Sali. Cat. 55; Liv. I. 33. s. XXIX, 22, 10. XXXIV, 44, S; Velleius II, 7, 2; Valer. Max. IX, 12, 6; Pline X. H. VII, 212; Sénèque Conlroz'. IX, 27, 20: Festus
202, 356; Calpurnius Flaccus decl. 4, Ammieii Marcell. XXXVIII, I, 57; Servius Aen. VI, 573; CIL. VI, 1539.
Jordan I, i, 453. I, 2, 323-328; Gori de Mauro-Parker Ichnographia teterrimi Carceris Mamertini (Romae 1868; estr. du journal // Buonarroti vol. III); Lanciani 587; Duchesne Le Forum chrétien 19-32; Gx'\%2x Rom im Mitlelalter I, 198 sq. ; Pinza Rendiconti dei Lincei 1902, 226-259; Huelsen R. M. 1902, 41.
A côté du carcer, l'escalier des soupirs {scalae Gemoniae ou simplement Gemoniae) conduisait à la citadelle: on y exposait les corps des condamnés avant de les jeter au Tibre. Son emplacement devait correspondre à un des escaliers , modernes situés à droite et à gauche de l'église. Jusqu'à présent on n'en a pas relevé de traces.
Val. Max. VI, 3, 3; IX, 13; Pline N. H. VIII, 146; Tac. Ann. IIÎ, 14. VI, 4. 31 Hisl. III, 74, 85; Sueton. Tiber. 53. 6[. 75. Vilell. 17; Dion Cass. LXIII, i. 5, 11. 16. LXV, 21; Sid. Apoll. I, 7, 12.
XXI. Reprenons notre visite du Forum interrompue par le tour que nous venons de faire sur le Comitium. Nous nous rendons d'abord aux ruines de la Basilica Aemilia.
En 179 av. J.-C. (575 U. C.) le censeur M. Fulvius Nobilior mit en adjudication la construction d'une basilique —la seconde que devait posséder Rome - « derrière les boutiques neuves » (/abernac novae), en même temps que celle d'un marché au poisson {Forum piscatorium). Son collègue à la censure M. Aemilius Lepidus l'assistait, à ce qu'il semble, dans la direction des travaux. En tout cas la basilique porta d'abord le double nom de basilica Fulvia et Aemilia. Le vainqueur de Persée de Macédoine, L. Aemilius Paullus (Paul Emile) semble avoir contribué à embellir l'édifice. Une inscription gravée en son honneur a été dernièrement retrouvée dans les ruines. En 78 av. J.-C. (676 U. C.) le consul M. Aemilius Lepidus restaura la basilique et l'orna de boucliers de métal fixés sur l'entablement de sa fac^ade. 11 est probable que
st lui aussi qui remplaça les colonnes en pierre du pays par
des colonnes de marbre phrygien (pavonazzetto). Une monnaie
frappée au nom du triumvir Lepidus en 6i av. J.-C. représente
la construction comme un hall à deux étages, avec des boucliers
ronds sur la frise du bas. La basilique devint en quelque sorte
un monument de famille des Aemilii, tant les membres de la
g^ens s'employèrent, et d'une manière continue, à l'embellir. Aussi,
à partir de l'époque de Sylla, la basilique n'eut plus qu'un seul
nom, Aemilia, au lieu du double nom qu'elle avait eu d'abord.
Elle devait le garder pendant tout l'Empire. Comme nous l'avons
déjà mentionné (cf. sup. p. i6), c'est un Aemilius, l'édile curule
M. Lepidus, qui, de concert avec César, et
avec l'argent de César, restaura la basilique
et en même temps lui donna un pendant
sur le côté sud du Forum en commençant
la construction de la future basilique Julia.
Son fils Paullus Lepidus dédia, vingt ans "^^^^^^
après, la basilique commencée par son père,
et eut à la restaurer, à la suite d'un incendie, ,, ?'?• ^^' ..
Monnaie de Lepidus.
avec l'argent donné par Auguste (14 av.
J.-C). Sous Tibère, le consul M. Aemilius Lepidus restaurait la basilique que Tacite à cette occasion appelle « un glorieux monument de ses ancêtres » (22 ap. J.-C.i. La tradition littéraire est muette sur les destinées ultérieures de l'édifice. Mais les ruines énoncent clairement par elles-mêmes qu'il fut détruit à une basse époque, probablement à la prise de Rome par Alaric (410) et réparé dans les années qui suivirent. En 416, le préfet de la Ville Probianus, le même qui restaura la basilique Julia, fit placer des statues dans la basilique Aemilia. Au viii* siècle, la plus grande partie du monument était en ruines, et sur le côté est on l'avait utilisé pour bâtir une sorte de maison fortifiée. Sur sa destruction finale nous ne savons rien de précis. Au xiv*-xv* siècles, la région comprise entre S. Adriano et S. Lorenzo s'appelle la :ecca vecchia (la vieille monnaie). C'était une carrière inépuisable. L'angle ouest de la basilique (en face S. Adriano) était resté entièrement debout et avait conservé son entablement dorique (cf. fig. 61 et p. 35 fig. 8»: les bucranes des métopes l'avaient fait désigner par les artistes de la Renaissance sous le nom de Foro Boario. Quand, vers l'année 1500 le cardinal de Corneto
Adriano Castellesi fit bâtir son palais du Borgo sur la place Scossacavalli (aujourd'hui palais Giraud-Torlonia), son architecte c'était Bramante - fit disparaître ce dernier vestige, en employant, l)our la décoration du palais, les blocs de marbre qui subsistaient encore. Après que les traces du monument eurent été ainsi effacées
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Fig. 6i. Les ruines de la Basilica Acmilia vers 14S0. (Dessin de GiuUano da Sangallo).
du sol, le souvenir s'en effaça lui aussi, et c'est seulement de nos jours qu'on en a de nouveau reconnu l'emplacement.
Nous n'avons conservé de 1 édifice républicain que quelques restes des fondations; ils sont engagés dans les murs de soutènement des constructions ultérieures. La basilique de l'époque impériale se divise en trois jiar-
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ties: le portique, les pièces séparées {taberriaé), la grande salle.
Du Forum quatre marches conduisent à une plateforme pavée en marbre blanc; de ce palier deux marches mènent au portique. L'architecture de la basilique Aemilia était parfaitement identique à celle de la basilique Julia qui lui fait vis-à-vis (cf. les représentations des anaglyphes deTrajan): sa façade était composée de deux étages, soutenus par de puissants piliers auxquels s'adossaient des demi-colonnes, le tout en marbre blanc. A l'angle est, près du temple de Faustine, une espèce de pavillon avançait, de quatre mètres environ, sur le front du monument. Le rez-de-chaussée avait quatorze arcades, au-dessus desquelles courait une frise ornée de bucranes et de patères dans les métopes (cf. fig. 63). Des fragments d'une corniche décorée de feuilles d'acanthe gisent de place en place dans le portique. Il est intéressant de comparer ces fragments, qui proviennent sans doute d'une restauration du 11^ ou du iii*^ siècle, à un morceau de la construction remontant à l'époque d'Auguste: ils attestent un travail bien plus grossier, une facture bien plus molle. Du portique on n'accède pas directement à la salle principale, comme dans la basilique Julia. On y entrait par une porte située sur le petit axe de l'édifice et dont le seuil de marbre est encore en place. A droite et à gauche de l'entrée, étaient disposées six pièces, à peu près carrées, indépendantes les unes des autres, et qui, à la ressemblance des pièces situées derrière la basilique Julia, paraissent avoir servi de bureaux, de boutiques de changeurs, etc. A chacune des extrémités, un escalier menait à l'étage supérieur dont le plan correspondait à celui du rez-de-chaussée. Dans la partie ouest de l'édifice il est resté peu de chose du mur de fond des iabernae. Habituellement on se rend dans la grande salle par un pont jeté au-dessus d'un canal de drainage assez pro-
fond tt dont les parois, faites de grands blocs de travertin, ne remontent pas, en dépit de leur apparence très ancienne, plus haut que l'Empire.
La grande salle avait une largeur de 29 mètres et